Lundi soir, l’ambiance était électrique à la Sephora Arena de Miami. Alors que la ligue de basket 3×3 féminine Unrivaled donnait le coup d’envoi de sa nouvelle saison avec une soirée de quatre rencontres, l’ombre des négociations collectives de la WNBA planait inévitablement sur le parquet. Dans un contexte d’incertitude concernant la saison 2026, cette soirée d’ouverture a servi de vitrine sportive spectaculaire, mais aussi de tribune politique cruciale pour les joueuses.
Collier et la ligne dure des négociations
Bien qu’écartée des terrains suite à une opération aux deux chevilles, Napheesa Collier, cofondatrice de la ligue, était bien présente pour soutenir ses coéquipières des Lunar Owls. Au micro de TNT, elle n’a pas mâché ses mots concernant les discussions en cours entre la WNBA et le syndicat des joueuses. Forte de son expérience entrepreneuriale avec Unrivaled, elle estime avoir la preuve qu’un modèle économique durable est parfaitement viable pour le basket féminin.
« Je sais ce qu’il faut pour gérer une entreprise pérenne. Si les dirigeants actuels ne trouvent pas le moyen d’y parvenir, il faut mettre en place des gens qui le peuvent, car nous avons prouvé que c’est possible », a-t-elle tranché. Collier a réaffirmé la détermination des joueuses alors que la date butoir des négociations, déjà repoussée deux fois, approche ce 9 janvier. « Nous ne reculerons pas. Nous ne pouvons pas accepter moins que ce qui nous est dû. Ce serait un manque de respect envers les pionnières de notre sport et le travail que nous avons accompli. »
Une solidarité renforcée à Miami
Cette concentration de talents en Floride offre un avantage stratégique inédit. D’ordinaire, l’intersaison isole les athlètes, rendant la coordination syndicale complexe. Désormais, la ligue Unrivaled permet aux joueuses de se réunir physiquement, de débattre et de renforcer leur solidarité. C’est un atout majeur alors que le syndicat a d’ores et déjà reçu l’autorisation de son conseil exécutif pour déclencher une grève si aucun accord satisfaisant n’est trouvé.
Chelsea Gray impériale, frayeur pour Edwards
Au-delà des enjeux politiques, le spectacle sportif a tenu toutes ses promesses. Sur le terrain, l’absence de Collier s’est toutefois cruellement fait sentir pour les Lunar Owls face aux championnes en titre, l’équipe Rose. Chelsea Gray a livré une performance magistrale, cumulant 35 points, 8 passes décisives et 5 rebonds. Elle a scellé la victoire de son équipe (80-60) sur un tir primé décisif, l’un de ses cinq paniers à trois points de la soirée.
La rencontre a néanmoins été marquée par un moment d’angoisse lorsque Aaliyah Edwards, pourtant brillante avec 23 points et 12 rebonds, a lourdement chuté la tête la première contre le support du panier après une pénétration. Si les images étaient inquiétantes et ont nécessité l’intervention prolongée des soigneurs, la joueuse a pu quitter le terrain par ses propres moyens. Elle n’est pas revenue en jeu, mais semblait avoir évité une blessure majeure.
Paige Bueckers dicte sa loi
La soirée s’est conclue par un duel attendu entre le Breeze et le Phantom, où Paige Bueckers a éclaboussé la rencontre de sa classe. L’ancienne star de UConn a inscrit 24 points à 7/15 aux tirs, guidant son équipe vers un succès autoritaire (69-62). Malgré la résistance d’Aliyah Boston (18 points) et les 20 points de Tiffany Hayes pour le Phantom, le Breeze a pris le contrôle grâce à une série offensive juste avant la mi-temps et n’a plus jamais été inquiété.
Rickea Jackson a scellé le sort du match sur un lancer-franc victorieux, épaulée par une Dominique Malonga solide sous les panneaux avec un double-double (15 points, 14 rebonds). Kelsey Plum, quant à elle, a connu une soirée difficile au tir, ne convertissant que deux de ses dix tentatives à trois points.