Plus rien ne va entre le SOSUP que préside Monsieur Frédéric MAMBENGA YLAGOU, en sa qualité de Secrétaire Général du Ministère de l’Enseignement Supérieur, et l’ANBG, gérée d’autorité par Madame Sandra Flore MAMBARI PINZE, Epouse ABESSOLO. La pomme de discorde, entre ces deux serviteurs et Institutions de l’Etat, est l’épineuse voire, comme qui dirait au quartier, la juteuse question de l’orientation des bacheliers dans les établissements privés d’enseignement supérieur.

En effet, à coup de réunions interposées, Frédéric MAMBENGA YLAGOU et Madame Sandra Flore MAMBARI PINZE, Epouse ABESSOLO s’invectivent et se prévalent, tous les deux, de la légitimité à orienter les bacheliers. Dans cette cacophonie sous fond d’intérêts personnels au détriment de ceux de l’Etat, chacun y va de sa verve, de son argumentaire, de son ton. Lors d’une réunion organisée à l’IUSO, à la fin décembre 2022, et présidée par Sieur MAMBENGA face aux responsables d’établissements d’enseignement supérieur privé, ces derniers ont été choqués par des propos, d’une rare violence, tenus contre la Directrice Générale de l’ANBG, qui ne comprendrait strictement rien et qui serait donc à l’origine de ce désordre.

Voilà une institution (l’ANBG) dont la mission est d’attribuer ou non les bourses aux étudiants, qui s’arroge désormais le droit de réorienter, à souhait, des étudiants normalement orientés par le SOSUP, dont c’est pourtant la compétence, selon les dires de Monsieur Frédéric MAMBENGA YLAGOU. La Directrice Générale de l’ANBG aurait donc mis en place, sa propre Commission Technique, véritable machine à désordre qui, brillant par son excès de zèle et de liberté, narguerait en toute impunité, le Président de la Commission d’orientation. Cette guerre larvée de qui perdure et s’intensifie entre le SOSUP et l’ANBG indispose tout autant qu’elle commence vraiment à fâcher. D’ailleurs, le Président de l’Association des Parents d’élèves du Gabon n’est pas, lui aussi, allé de main morte, en dénonçant les agissements qu’il juge incompréhensibles de l’ANBG.

Il faut, pour rappel, préciser que le SOSUP a tenu ses assises immédiatement après la session 2022 du baccalauréat et a procédé, comme il sait le faire depuis sa mise en place, à l’orientation des bacheliers dans différents domaines, parcours et spécialités au sein des établissements publics et privés, au Gabon, en Afrique et ailleurs dans le monde. Si la plus grande part a été offerte aux établissements publics, l’Université Omar Bongo (UOB, l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM), l’Université des Sciences de la Santé (USS), toutes les grandes écoles et les instituts, plusieurs bacheliers ont été orientés à l’étranger, et une infime partie dans les établissements privés du pays.

Dans la compréhension des Responsables d’établissements privés, des bacheliers et de leurs parents respectifs, l’avis définitif du SOSUP, dûment signé par le Secrétaire Général du Ministère de l’Enseignement Supérieur en sa qualité de Président de cette instance, fait autorité pour inscrire le bachelier dans le programme de formation indiqué sur ledit avis. Conséquemment, les bacheliers se sont donc présentés dans leurs établissements respectifs d’orientation, où ils ont, en toute logique, accompli les formalités liées à leur scolarité (paiement des frais d’inscription administrative, d’uniforme, des supports pédagogiques, etc.). Tout naturellement, ils ont démarré les cours et passé des examens, depuis au moins deux mois dans certains établissements.

La confusion et le désordre que dénoncent aussi bien les étudiants, leurs parents que l’Association des Parents d’élèves du Gabon, émanent depuis quelques semaines, des décisions aussi surprenantes qu’incompréhensibles de l’ANBG qui, au lieu de se contenter d’administrer le processus d’octroi de l’allocation d’études (bourse) aux ayants-droits, conformément aux critères légaux, s’est lancée, elle aussi, dans l’orientation des bacheliers, remettant de facto en cause, l’orientation du SOSUP, avec pour seul argument, d’après sa Directrice Générale, le souci d’équilibrer la distribution des bacheliers au plus grands nombre d’établissements partenaires, y compris ceux qui n’ont aucune réelle capacité. Bien intelligent qui comprendra cet argumentaire et la logique qui la sous-tendrait, si tant est qu’elle existe.

Ainsi, sans tenir compte, ni du niveau, ni de la qualité des établissements, encore moins du traumatisme causé aux bacheliers qui ont démarré les cours dans l’établissement où ils ont été orientés par le SOSUP et, sans perdre de vue, le préjudice financier subi par les établissements spoliés, l’ANBG procède, d’autorité dictatoriale, ce qui semble être désormais sa seule qualité, à la réorientation des bacheliers, manœuvre que les établissements privés appellent « débauchage ». De nombreux bacheliers ont apporté des témoignages de menaces qu’ils ont subies de la part d’agents de l’ANBG, qui les ont appelés pour les contraindre de quitter l’établissement initial et de rejoindre l’établissement que l’ANBG a donc choisi pour eux, contre leur souhait. A défaut de s’exécuter, les étudiants sont menacés de perdre le bénéfice de leur bourse.

Au-delà de tous les arguments déployés par l’ANBG dans cette affaire aux conséquences tentaculaires, dont les parties prenantes auraient pu être épargnées, la question de fond qui demeure et dont l’opinion attend une réponse rationnelle et audible, est celle de savoir comment et pourquoi, deux Institutions publiques peuvent ainsi, à l’image de deux coépouses discutant, dans la cour du village, les faveurs d’un époux, mettre ainsi à nu, un conflit de pouvoir, de compétence voire, comme qui dirait, d’appétence.

A la fin du mois de décembre 2022, l’année académique 2022-2023 n’a pas encore démarré dans nombre d’établissements publics qui n’ont pas achevé l’année académique 2021-2022, alors que la plupart des établissements privés ont débuté les cours autour du 12 octobre, conformément aux orientations du Ministre de tutelle. Pourtant cette crise, très assumée par la DG de l’ANBG aurait pu être évitée. Madame MAMBARI PINZE a-t-elle seulement conscience que les actes par elle et ses collaborateurs posés sont susceptibles de mettre le feu dans un secteur de notre système d’enseignement supérieur, pourtant réputé pour son calme et sa stabilité ? A qui profiterait ce désordre ?

Le comble, dans cette affaire qui étonne plus d’un citoyen doté de bon sens dans un Etat qui se respecte, c’est qu’il apparaît, visiblement, que les Responsables chargés de mettre en œuvre les orientations et instructions du Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, n’en font qu’à leur tête. Qui donc nomme qui, et qui travaille pour qui ? Monsieur MAMBENGA a révélé au cours de cette réunion présidée par ses soins, que sur près de 66 milliards dédiés annuellement au paiement des bourses aux étudiants, près de la moitié, environ 30 milliards, est affectée pour prendre en charge à peine 4.000 étudiants à l’étranger, alors que les boursiers locaux, entre 18.000 et 20.000 ne consomment qu’environ 33 milliards. Où est le rationnel dans cette façon de faire ? Comment l’expliquer et le comprendre, quand on sait que le coût de la scolarité à l’étranger représente près de dix fois les frais de formation dans un établissement privé au Gabon ?

Face à cette situation, qu’ils jugent inacceptable, des Responsables d’établissements privés ont décidé, parce que c’est leur seule alternative, de saisir à la fois la justice et les plus hautes autorités de l’Etat, pour contraindre l’ANBG à mettre un terme à ses manœuvres de réorientation d’étudiants, en un mot, à cesser ses troubles.

 

 

 

 

 

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