L’Union nationale (UN), parti politique de l’opposition gabonaise a tenu dimanche, sa rentrée politique pour le compte de l’année 2023 en présence de plusieurs personnalités de l’opposition et de la société civile. Occasion pour Paulette Missambo, présidente de cette formation politique d’appeler à l’unité de l’opposition et d’accuser le pouvoir de bloquer les négociations sur des questions de transparence électorale. Le gouvernement a réagi par la voix de son porte-parole, Alain Claude Billie By Nze, qui accuse l’opposition de faire dans la mauvaise foi.

« Notre pays est vraiment à la dérive et que nous avons besoin de le redresser en ce sens, j’ai lancé un appel à toutes les forces de l’opposition et à tous les patriotes du Gabon pour qu’ensemble nous puissions nous concerter non seulement pour obtenir des discussions avec l’exécutif, que nous avons proposé depuis 6 mois. Nous n’avons eu aucune réponse. Alors que le processus électoral ne peut pas commencer avant même qu’il ait des réformes que nous avons réclamées ».

Militants de UN

Et d’ajouter que : « le deuxième aspect de cette rencontre, c’est la nécessité de construire l’unité dans l’opposition. L’union nationale a toujours été à l’avant-garde pour la construction de l’unité et nous restons sur cette lancée, pour rappeler toutes les forces démocratiques pour repenser notre pays parce qu’il n’a bien besoin, aujourd’hui toutes les institutions même si on dit qu’elles fonctionnent, mais c’est un fonctionnement biaisé et il y a des problèmes dans tous les secteurs, vous ne pouvez pas me démentir. Cela ne sert à rien de rester dans le déni de la réalité. Nous devons nous concerter avec les forces démocratiques de l’opposition pour trouver quelles solutions trouver aux problèmes d’élection, nous ne voulons plus d’élection violentes comme on n’a connu en 2009 et 2016. Les Gabonais ont été traumatisés par tous les morts qui ont été enregistrés. Nous ne sommes pas nombreux même quand il y a deux personnes qui tombent, c’est une tragédie. L’examen de nos propositions pour la reprise du processus électoral pour que nous ayons des élections démocratiques et apaisées.

Membres de l’Union Nationale

Comment sauver la Gabon du déclin qui est visible par tout le monde ? C’est bien dommage parce qu’ils prétendent que le Gabon est une démocratie, on discute toujours, nous ne voulons pas de discussions pour le partage des postes. Nous voulons une discussion sur les problèmes du Gabon, c’est-à-dire les problèmes des élections puisque nous sommes à la veille de la présidentielle. Alors que le Congo qui aura des élections en 2023 a déjà publié son calendrier électoral. Nous au Gabon en principe l’élection en août 2023, nous n’avons encore pas commencé. Nous devons nous concerter sur le calendrier, sur les entraves à la transparence électoral et que nous avons relevées et consigné dans le mémorandum ».

 

Alain Claude Billie By Nze, porte-parole du gouvernement

Pour le gouvernement, l’opposition fait la distraction « Ce sujet n’est pas une priorité face aux différentes urgences sociales qu’approuvent les populations et auxquelles nous devons répondre. Si un dialogue doit avoir lieu, il faut que l’opposition le sollicite non pas auprès du Gouvernement, mais auprès du Président de la République, Chef de l’Etat.

 

L’opposition d’aujourd’hui est constituée d’anciens barons du régime qu’ils prétendent combattre aujourd’hui. Ils savent comment on sollicite un dialogue », a indiqué Alain Claude Billie By Nze, vice-premier ministre, porte-parole du gouvernement gabonais joint au téléphone par notre rédaction.

 

Pour mieux comprendre ce qui semble être un imbroglio politique, nous avons consulté un constitutionnaliste, qui nous a éclairé sur le dialogue politique.

« Pour rappel, le dialogue n’est pas constitutionnel. Rien n’oblige le gouvernement à s’asseoir autour d’une table avec l’opposition.

Par ailleurs, le porte-parole du gouvernement n’a pas tort, c’est le président de la République le garant moral de la paix dans un pays. C’est par conséquent lui qui doit dire au Gouvernement d’exécuter ses ordres. Le gouvernement n’est pas maître de lui-même.

En outre, le dialogue est un acte politique.

Il s’inscrit dans une logique de concertation lorsque les solutions institutionnelles ont montré leurs limites.

La constitution est un canevas. Comme tout canevas, elle ne peut prédire toutes les situations et se trouve souvent désuète.

Maintenant à la question de savoir qui est à même de proposer un dialogue ?

Les deux parties peuvent le faire. Tout dépend de la forme que prendra ce dialogue », a indiqué notre constitutionnaliste qui a requis l’anonymat.

 

 

 

 

 

 

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