Le pasteur Lucien BOULINGUI IFOUNGA, Secrétaire général exécutif du BDC nous a accordé une interview dans laquelle il évoque l’histoire de la création du Bloc Démocratique Chrétien. Il revient aussi sur la création des héritiers de Guy Christian Mavioga. Lecture…. 

Gabon Infos: Monsieur le secrétaire général exécutif intérimaire, lors d’une déclaration de presse le 24 septembre 2022, vous annonciez devant quelques militants et en présence d’autres membres fondateurs et de vos élus locaux, la création d’un courant du BDC dénommé « BDC-Héritiers. Pourquoi cette scission ?

Pasteur IFOUNGA : Je tiens d’abord à vous remercier, vous les journalistes, pour la diligence et le professionnalisme avec lesquels vous suivez et traitez l’actualité concernant notre formation politique aujourd’hui en proie à des divisions en son sein. Vous êtes sans ignorer que depuis la disparition brutale le 4 septembre 2021 de notre secrétaire général exécutif, Guy Christian MAVIOGA, le Bloc Démocratique Chrétien fait face à un séisme dont l’onde de choc se mesure à l’aune des cris d’orfraie que vous entendez ici et là parce-que des individus mal-intentionnés, mus par une volonté farouche de récupérer un héritage politique qui ne leur appartient pas, de près ou de loin, veulent saborder notre BDC. Dans cette basse besogne, la cheffe de file. Anna Claudine AYO, entourée de quelques affidés ont décidé de nous mener une guerre sans merci. C’est donc pour mettre un terme à toute cette cacophonie que nous avons décidé, nous membres fondateurs encore en vie et les élus locaux BDC de créer cette aile politique dénommée : « BDC-HÉRITIERS », puisque la loi sur les partis politiques permet les scissions.

Gabon Infos: Mais est-ce la meilleure façon de régler ce différend ?

* Nous ne souhaitions pas en arriver là, mais les circonstances nous y obligent. En effet, nous ne saurons abandonner un si bel héritage politique, fruits des nuits blanches et de nos intenses réflexions entre les mains des gens qui n’ont aucune légitimité au sein de notre parti, mais qui sont simplement à la recherche d’une niche politique pour exister et survivre. Ils détiennent des faux documents. Les statuts qu’ils brandissent sont une grossière contrefaçon des textes fondateurs que nous détenons et qui datent de 1997, date de création de notre label politique. Je tiens à préciser, à toutes fins utiles, qu’à cette belle époque, Mme AYO n’était pas encore l’épouse de Guy Christian MAVIOGA. Leur union ne datant que de 2010. Elle était donc inconnue de notre bataillon politique. Pour preuve, en 2009, elle était même candidate déclarée à la présidentielle face à Ali BONGO ONDIMBA que nous BDC soutenons l’action politique en tant que membre de la Majorité présidentielle devenue républicaine et sociale pour l’émergence.

Gabon Infos : On avance pourtant que M. MAVIOGA était le « seul Membre fondateur du BDC ». Que dites-vous à ce niveau ?

* Sans vouloir paraître impertinent, vous avez la preuve supplémentaire que Mme AYO ne maîtrise pas les dispositions sur création des partis politiques en République gabonaise. Celles qui stipulent notamment, que pour créer un parti politique il faut « réunir une assemblée générale constitutive ; élaborer un projet des statuts et un projet de programme politique ; et déposer un dossier de déclaration par les Membres fondateurs auprès du Ministre chargé de l’Intérieur. La loi dit bien : les Membres fondateurs et non le Membre fondateur. Voilà donc qui est clair ! Ceux qui seraient de la soutenir dans sa démarche funeste se devraient donc de réfléchir avant de s’y engager.

GI: La scission étant désormais prononcée, et si bataille juridique s’en suit, comment envisagez-vous la suite des évènements au sein de votre courant politique ?

* Nous sommes sereins et confiants en la justice de notre pays. Nous ne sommes pas la première formation politique à se retrouver dans cette situation de bicéphalisle après la mort du leader. Mais je tiens à rappeler que le BDC, que nous avons crée avec Guy Christian MAVIOGA, ne disparaîtra pas des radars politiques quelque soit la nouvelle appellation. Nous sommes là et résisterons aux bourrasques, car nous nous sommes faits une promesse : celle de pérenniser la vision et la politique léguées par notre illustre leader disparu. Merci !

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