Le constat fait par la plupart des gabonais, du moins ceux ayant choisi de ne pas verser dans la compromission, est que le Gabon va à vau-l’eau. C’est donc dire que pour eux, le bilan d’Ali Bongo Ondimba est très en-deçà des espoirs que caressaient les populations à son arrivée au pouvoir en 2009.

De nombreux gabonais, partant du fait qu’il avait appartenu à plusieurs gouvernement pendant le magistère de son père et qu’il donnait apparemment plus de garanties que d’autres hommes politiques pour être visiblement à l’abri du besoin, n’avaient pas hésité à lui accorder un chèque en blanc. Déçus sont-ils de constater qu’après  14 ans de règne, le discours n’est rien venu changer à leur quotidien. D’où la surprise qu’ils marquent face à des gens, peut-être hypocrites, de mauvaise foi, complaisants ou ayant vendu leur âme au diable qui chantent les louanges d’un système en réalité voué aux gémonies. Qu’est-ce qui a changé positivement depuis qu’Ali Bongo Ondimba est aux affaires ? Rien lorsqu’on fait la comparaison avec l’époque de son père que l’on croyait qu’il allait remplacer valablement à l’entendre prononcer la phrase restée gravée dans les mémoires, en parlant justement de son père: « lui c’est lui, moi c’est moi ». Démagogique est-on en droit de penser lorsqu’on se rend compte de l’extrême déception de très nombreux citoyens qui ne trouvent pas du tout leur compte dans sa gestion scabreuse et approximative de la société. Les gabonais qui lui avaient aveuglément accordé leur confiance ont fini par déchanter, ne restent plus à applaudir que les mendiants et autres faux amis guidés par le lucre et le luxe ou tenant à sauver leur peau. Le « tsun’Ali », cette vague de débarquements de certains responsables politico-administratifs sur qui l’on avait, à tort ou à raison, fait des griefs dans leur gestion des deniers publics surtout comme pour dire que désormais, tout acte tendant à entraver la bonne marche du pays allait être sévèrement réprimé. Chut ! C’est plutôt à une régression vertigineuse à laquelle nous ne cessons d’assister. Comme l’illustrent parfaitement le versement irrégulier des bourses aux étudiants et leur suspension aux élèves du secondaire, la fermeture des campus universitaires et des internats, la destruction de la cité de la démocratie, tout un symbole, et son majestueux palais des congrès, la déliquescence de la CNSS qui peine aujourd’hui à verser leurs pensions aux retraités et l’alourdissement inexplicable de la dette du pays, la liste ne saurait être exhaustive. L’économie du pays est entre les mains de ses « amis » regroupés notamment dans un consortium dénommé GSEZ contrôlant le port d’Owendo, l’aéroport international Léon Mba, les mines, la production agricole et même les BTP. Côté gouvernance politique, c’est également la catastrophe, ce qui laisse dire à plus d’un, preuves à l’appui, qu’on est ni plus ni moins dans un état totalitaire en régression sur le plan démocratique, économique et social et n’offrant plus la moindre perspective si ce n’est celle de lendemains qui ne chantent pas.

 

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