La sortie inattendue le 23 décembre 2021 de l’ancien Premier ministre Paul Biyoghe Mba, au cours de laquelle il dénonçait l’accaparement de postes dans certaines administrations et institutions publiques par des ressortissants du Haut-Ogooué et de l’Ogooué-Lolo, rencontrerait l’assentiment de nombreux Gabonais.

Qui observent quoi qu’avec du recul pour beaucoup d’entre eux que la majorité des postes du bureau de l’Assemblée nationale revient à des Altogovéens et qu’ils occupent une bonne partie des postes de responsabilité dans l’administration publique. Donnant à affirmer que le clanisme et le régionalisme constituent des modes de gouvernance depuis des années au Gabon où il est tabou de dénoncer ces inégalités pourtant criardes.
Il suffit d’énumérer quelques exemples pour voir sur quoi s’appuie Paul Biyoghe Mba pour faire son constat et attirer l’attention de la communauté nationale sur ces grossièretés. La Direction générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI) sous l’autorité de la présidence de la République, créée depuis environ 40 ans, n’a eu généralement pour Directeurs généraux que des originaires de la province du Haut-Ogooué. Seuls deux d’entre eux n’étaient pas issus de ladite province.

La DGDI compte environ 1300 agents dont 1000 Altogovéens, le reste étant originaire des huit autres provinces. Les dernières nominations au sein de cette administration intervenues récemment, illustrent davantage le clanisme à la DGDI dont tous les chefs d’antennes provinciales et départementales sont originaires du Haut-Ogooué, tout comme d’ailleurs la plupart des Directeurs et chefs de service à la direction générale à Libreville.

A l’extérieur du pays, dans six États, les Altogovéens sont également majoritaires, ils occupent 4 postes comme chefs d’antenne sur les 6 postes.

Chose paradoxale avec le discours des gouvernants gabonais qui disent militer pour l’inclusion, les actes posés sont visiblement en contradiction avec leurs propos.

 

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