Ce qui caractérise les grands hommes ou les grandes institutions, c’est notamment leur capacité à faire leur introspection au meilleur des cas et au pire des cas, à déclarer leur faillite en décidant de quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent. Conseil gratuit au gouvernement Ossouka Raponda !

Acculé de toutes parts comme jamais un gouvernement ne l’a été dans l’histoire du Gabon, l’équipe Ossouka Raponda à laquelle personne n’accorde aujourd’hui du crédit a fait la preuve de ses limites. Elle a en effet multiplié au fil des jours des bourdes, dire que le président de la République Ali Bongo Ondimba lui a sans cesse rappelé, sans qu’elle ne prenne conscience, qu’elle est là pour servir le peuple et non pour se servir. Comble d’ironie, elle a œuvré à multiplier contre elle moult récriminations, incapable qu’elle est d’améliorer les conditions de vie des gabonais et d’implémenter le projet de société du chef de l’État dont la concrétisation souffre d’insuffisances criardes. Et comme un mal n’est jamais isolé, voilà ce même gouvernement « insouciant, fainéant et incompétent », pour reprendre les qualificatifs de certains confrères, s’attirant les foudres des populations et de la société civile, pour sa piètre gestion de la crise sanitaire, qui est venue révéler au grand jour son extrême médiocrité managériale, alors que tout le monde avait fondé de réels espoirs sur une équipe qui se disait déterminée à gommer les crispations et faire entrer le Gabon dans « un jour nouveau ». Que de déceptions quand on en est à constater lamentablement que la copie par elle, l’équipe Ossouka Raponda, offerte n’a rien d’alléchant. Plutôt a-t-elle réussi l’exploit de démontrer à la face du monde que, soit elle ne comprend rien à ce qu’elle fait, soit elle n’est pas en capacité de traduire en actes ce pourquoi elle est instruite. D’où très certainement l’imbroglio auquel l’on vient d’assister avec la Cour constitutionnelle dont même le citoyen lambda sait que les décisions sont irrévocables. Quelle mouche a donc piqué ce gouvernement, fût-il de pacotille comme on l’observe à dépit, pour qu’il ose outrageusement revenir sur des décisions de la Cour constitutionnelle qui réajustait pourtant le débat concernant l’applicabilité de deux arrêtés (0559 et 0685/PM) soumis à son appréciation sur la forme et le fond ?
Voici installé inutilement un conflit de compétence qui, sous d’autres cieux, n’a pas droit de cité. Les décisions de la Cour constitutionnelle ne se commentent pas, elles s’appliquent.
Au vu de tout ce qui précède et si ses membres à commencer par le Premier ministre sont encore mus par un brin de bon sens, qu’ils réalisent que la suspension d’abord, l’annulation ensuite par la gardienne de la loi fondamentale de leurs arrêtés liberticides et scélérats, constituent un signal fort devant les pousser à prendre la mesure de la chose et à comprendre qu’il ne leur reste qu’une seule chose à faire, pour tenter une « issue peut-être honorable »: démissionner !

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