Au Gabon, des nouvelles mesures de riposte anti-Covid-19 régulent la vie publique depuis le 15 décembre 2021 conformément à la volonté du gouvernement dirigé par Rose Christiane Ossouka Raponda. Mais leur application est sujet à caution face au jeu de saisine de la Cour Constitutionnelle que se livre l’exécutif et la société civile.

 

Deux fronts, deux idéaux et une perception des conséquences diamétralement opposée. Au Gabon, voici l’image à laquelle renvoie la lutte contre la Covid-19 à l’heure de la quatrième vague et ses fâcheuses conséquences sur la vie des populations.

 

Suivant le principe, le gouvernement, qui met en musique la politique étatique active son rôle régalien axé notamment sur le bien être des populations. De son côté, la société civile critique les « impertinences » de la stratégie de riposte de l’institution, arguant une atteinte aux libertés individuelles.

 

Un total cafouillage des positions qui laisse libre court à une interprétation parfois maladroite du droit au mépris des procédures légales et judiciaires. Ce qui, par conséquent, accentue le fossé entre le gouvernement et la société civile, nonobstant les concessions possibles autour de l’application des nouvelles mesures anti-Covid-19.

 

Depuis le début de cette pandémie en mars 2020, c’est presque la première fois que la Cour Constitutionnelle est sollicitée pour arbitrer un débat d’opposition sanitaire liée à la Covid-19. Respectueusement virulent mais qui met cependant en mal le principe de l’expression démocratique dans un pays qui se veut démocratique tel que celui du Gabon.

 

La lutte sanitaire a désormais laissé place à une lutte de droit. Entre suspension par la Cour Constitutionnelle, sur saisine de la Société civile tapis sous le vocable du Copil Citoyen, des arrêtés proposés par le gouvernement sous l’effet de l’article 85 et vice de procédure, tous les coups semblent tout aussi désormais permis.

 

Sans aucun doute, il est un impératif pour le gouvernement de protéger et de veiller au bien-être de sa population. Tout comme il est reconnu à la société civile, l’impératif de dénoncer.

 

Si a raison, le gouvernement a organisé un blocus pour protéger son arrêté n°0685, de nombreux membres de cette institution ont l’intime conviction que les mesures qu’il porte (l’institution) sont nécessaires pour protéger l’ensemble de la population ». Sans faux peut-être ! Mais ne serait-il pas plus judicieux pour les deux parties de s’asseoir afin de trouver un terrain d’attente. Car c’est aussi ça la démocratie.

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