Retrouvé mort sur les rails au niveau de la cité SNI à Owendo, il y a de cela des années, l’artiste musicien de renom Serge Eniga, auteur d’un riche répertoire, y comptait entre autres, la célèbre chanson « Où va la vie ? », interrogation qui a aujourd’hui tout son sens au Gabon.

 

Dans ce pays d’Afrique centrale en effet, l’on vit de plus en plus de contrastes. Alors que les autorités clament haut et fort, elles n’ont pas tort à la lecture du PNB, des immenses richesses du sol et du sous- sol et des nombreux détournements des déniers publics, que le pays fait office de pays riche, les populations dont celles qui ont ou devraient avoir un revenu continuent de broyer du noir, ce pourquoi il n’est plus de jour sans que l’on ne constate un mouvement d’humeur, y compris dans les régies financières paradoxalement exsangues par les temps qui courent à l’instar, aux dires d’eux- mêmes les agents et responsables, de la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor où, déclare- t- on à qui veut l’entendre, les caisses sont désespérement vides. Comment se l’expliquer quand on passe le plus clair de son temps à vanter la gouvernance et les prouesses sans cesse réalisées dans des domaines porteurs pour l’économie nationale tels l’industrialisation de la filière bois quand on sait ce que rapporte la commercialisation du manganèse enrichi et du pétrole qui reste en ce siècle commençant encore l’étalon ?

À tout ceci, viennent se greffer toutes les recettes engendrées par le Covid-19 avec les taux appliqués sur l’accomplissement des formalités pour se déplacer dans tous les sens et dans celles concernant l’établissement des tests, tous payants depuis les dernières décisions gouvernementales. Le comble c’est que dans un pays où une seule source de revenus, fût- elle modeste, a à sa charge de nombreuses bouches, comment faire pour les satisfaire ? Ne parlons même pas de leur prise en charge sanitaire en dépit de l’existence de la CNAMGS qui, même si elle réduit les coûts, n’est pas une gratuité. Le « On va encore faire comment ? » dont les populations sont coutumières risque petit- à- petit de céder la place au mécontentement et à la colère dont les conséquences sont imprévisibles quand on fait encore preuve de bon sens, dire que celui- ci est, selon René Descartes, « la chose au monde la mieux partagée ».

Tatave Dounguenzolou

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