L’administration gabonaise a tout d’un fourre-tout au sein duquel gravitent des individus à la capacité de nuisance exemplaire. Marchands d’illusions, imposteurs, charlatans ; truands de haut vol…, aidés par des complicités internes ou externes contre des prébendes indument acquises, réussissent à se faire une place au sein de cette administration qui devient le repère de la fripouille la plus abjecte. Le compatriote Serge Olivier Nzikoué est un bel échantillon à loger dans ce registre, tant ses ‘’exploits’’, d’une rare singularité, méritent de figurer dans le livre des records Guinness.

L’homme qui a tout d’un psychopathe dangereux, avait réussi un ‘’exploit’’ : celui d’enfariner la plus haute administration du pays qui l’avait recruté et l’avait affecté à la Garde Républicaine pour y exercer comme pilote. Son contrat de travail en poche, l’homme arpentait les maquis de la capitale vêtu de son uniforme de pilote. Un peu comme s’il voulait convaincre ceux qui doutaient encore de son statut ; brandissant à la moindre occasion son contrat de travail qui devenait tel un passe-droit. Mais cette mise en scène ne fut que de courte durée, puisque mis à l’épreuve, son savoir-faire supposé s’avérait contre-productif. La Présidence de la République mit ainsi fin à son contrat de travail ; assorti d’une note placardée au poste d’entrée de la Présidence de la République interdisant l’imposteur l’accès au sein des services de cette haute institution. A croire un forcené, après sa déchéance, l’homme passait le plus clair de son temps à se ruer dans les brancards et à hurler au complot.

 

Conscient que le pot aux roses a été découvert, pour sauver la face, le sieur Serge Olivier Nzikoué qui ne manque pas de tours de passe-passe, se fabrique une stature de pilote de ligne au Congo Brazzaville. Puis il se livre à de grotesques montages photographiques. Il publie sur sa page face-book des photos sur lesquelles on le voit dans son uniforme de pilote dans un cockpit puis, disparait comme par miracle des radars. Lorsqu’il réapparait, c’est dans la capitale éthiopienne Addis Abeba où il dit outrageusement suivre des cours de pilotage sur Boeing. La seule Académie qui forme les pilotes sur Boeing en Ethiopie est l’Abyssinia Flight Academy qui n’a jamais compté dans ses effectifs très réduits et très sélectifs un certain Serge Olivier Nzikoué. Le seul gabonais ayant été formé dans cette école très élitiste est un jeune homme du nom de Boussamba qui travaille actuellement comme pilote de ligne sur Boeing à la compagnie ‘’Ethiopian air line’’. Après cette villégiature hors du Gabon et de retour au pays, il se découvre d’autres talents. Il va se recycler dans la vente illicite de terrains. L’homme est sous le coup de poursuites judiciaires pour escroquerie.

 

Alors que les affaires devant les juridictions compétentes sont pendantes, il réussit un nouveau tour de manivelle. Il se fait recruter en qualité d’expert en aéronautique à l’Agence des catastrophes aériennes où il occupe le poste de Directeur adjoint. Une structure attachée au ministère des Transports. Fort de cette fonction, monsieur vit désormais dans une bulle convaincu que son heure a enfin sonné ; il multiplie les initiatives en lieu et place de son chef hiérarchique. Par des voies sinueuses, il réussit à obtenir des fiches bleues et les distribue à une dizaine de chômeurs à qui il promet de peser de son poids pour l’obtention des postes budgétaires à la Fonction publique. Mais pour ces pôvres bougres en quête d’emplois, l’attente se fait longue. Ils commencent à douter de l’individu. Pour ne pas faire douter de lui et face à la pression qui monte, il engage un sniper, un certain Wilfrid Kombé. Sous la plume de ce dernier et sous sa dicté et en bon mythomane, le journaliste en herbe, sans sourciller et sans prendre la peine de recouper l’information, va s’empresser d’écrire que c’est le ministre de tutelle qui bloque les recrutements pourtant en très bonne voie. Ces jeunes gens qui inondent la toile, s’emballent contre le ministre des Transports qui, pour eux, est l’empêcheur d’avancer. Au ministère de tutelle, on tombe des nues. Après enquête, on réalise que c’est le sieur Serge Olivier Nzikoué qui est à la manœuvre. Mais à quelles fins ? S’interrogent certains qui voient l’œuvre d’une main noire, et que Nzikoué ne serait qu’un instrument au service de ceux qui, comme lui, caressent le rêve de revenir aux affaires.

 

 

Facebook Comments