Le Gabon, pays d’à peu près 2 millions d’habitants et doté d’insolentes ressources du sol et du sous- sol, pouvait figurer au rang des États qui, pour assurer leur harmonie, n’avaient pas absolument besoin de mimer les grandes démocraties en instaurant le multipartisme, car les problèmes auxquels font face les populations sont connus de tous et ne sont pas du tout insolubles pourvu que les gouvernants y prêtent attention et ne soient pas seulement mus par la satisfaction de leurs bas instincts.

 

Les opposants gabonais, on peut les classer suivant deux époques: celle d’avant et de pendant les indépendances et celle de depuis 1990. La première vague que nous n’avons pas forcément bien connu ou que nous ne connaissons qu’à travers certains récits parfois anecdotiques, est, semble- t- il, celle qui a le plus fait rêver tant, dit- on, sa détermination à en découdre avec la puissance coloniale était clairement affichée de même que celle consistant à vouloir placer les Gabonais à l’abri du besoin, constatant que celà était possible sous nos cieux. Les seconds, ceux de la période de depuis 1990, nous donnent, à en juger par leur attitude souvent biaisée, l’impression d’être assez souvent de connivence avec le pouvoir qu’ils pourfendent cependant, cachant peut- être des desseins inavoués. Nombre d’entre eux se caractérisent par la transhumance politique au gré des mouvements sociaux dont certains les poussent jouer un rôle même factice. Ils sont d’ailleurs nombreux connus officiellement pour être des poltrons à la solde d’X ou d’Y, mais qui hélas ne s’en offusquent pas. On dit d’eux qu’ils sont nés avant la honte. Peu importe, ils n’en n’ont cure puisqu’ils préfèrent pour la plupart rouler carosse à s’asseoir un instant pour réfléchir sur ce qu’une telle situation, visiblement inconfortable, peut à la longue leur coûter.

Être opposant, qu’est- ce à dire lorsqu’on est au Gabon ? De moins en moins de choses, semble- t- il, si l’on tient compte des avis des uns et des autres qui convergent sur le fait qu’ici, l’on éprouve parfois d’énormes difficultés après coup à situer ceux qui certes tiennent un discours dénonciateur à l’endroit des hommes aux affaires, mais ne s’expriment pas contrairement dans leurs activités quotidiennes, du moins dans celles qui sont connues de presque tous.

Loin de nous l’idée de pointer du doigt quiconque, mais simplement voulons- nous que l’on revisite son comportement et que l’on ne donne pas l’impression de parler au nom du grand nombre alors qu’en vérité, l’on ne veut défendre qu’une poignée de personnes à laquelle, nous et nos affidés, nous appartenons.

Comprenne qui pourra ou voudra. Pouah !

Tatave Dounguenzolou

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