En 2023, les Gabonais seront à nouveau appelés aux urnes pour une élection présidentielle. Les risques sont énormes de voir une nouvelle fois les partis politiques se disputer la victoire et soumettre le peuple qui dit avoir besoin d’alternance à la répression. D’où la question que nous nous posons du pourquoi de cette scène depuis 1990.

 

Nous observons les conditions dans lesquelles autour de nous, dans notre Afrique-là, des pays forcent l’alternance: il y a la voie électorale par la prise de conscience collective, le soulèvement populaire quand communément les populations estiment qu’elles n’ont rien à attendre de certains gouvernants et bien entendu le putsch ou coup d’Etat militaire. Ce sont généralement les voies utilisées qui occultent une autre, peut- être plus royale, vu que les trois autres se sont souvent avérées inopérantes ou ont du mal pour diverses raisons à être mises en pratique.

A quoi sert- il à certains pays d’avoir une pléthore de formations politiques quand on sait que celles- ci manquent d’idéologie ou de ligne directrice et ne veillent pas, comme partout ailleurs, à l’éducation des militants, s’ils en ont, c’est là un tout autre débat ? Que recherche le Gabonais ? En un mot, l’amélioration de ses conditions de vie: un loyer, un emploi décent, de bonnes voies de communication, bref, il attend qu’on lui promette ce qui est faisable. Or, combien de discours n’entend- on pas lors des campagnes électorales allant dans le même sens ? Pourquoi alors diantre, ne pas songer à coaliser les énergies en fusionnant dans un même et seul ensemble s’il est vrai que nos aspirations pour le peuple sont les mêmes ? En adoptant une telle posture, les opposants ou soi- disant opposants devraient savoir à quoi s’en tenir, sauf en cas de collusion avec le pouvoir ou s’ils ne sont mûs que par l’idée de percevoir des prébendes.

Trop souvent, ils ont fait, parce que manquant d’approche et de stratégie, le lit au pouvoir dont le rêve, on ne lui en voudra pas car c’est de bonne guerre, est de s’éterniser aux affaires, ignorant que tout pouvoir s’use et donnant l’impression qu’il devient à la longue affaire de quelques individus ou clans pris au sens large. Et le peuple dans tout cela ? Va- t- il continuer à croire à des vendeurs d’illusions ou va- t- il se rétracter ne voyant rien poindre à l’horizon ou ayant perdu tout espoir, alors qu’il est su de tous que l’espoir fait vivre !

  1. Tatave Dounguenzolou
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