De tout temps, lorsqu’apparaît une crise, la responsabilité est renvoyée à la conjoncture ou encore à une personne physique ou morale autre que nous. Cette habitude qui semble persister va malheureusement à l’encontre des principes défendus par Ali Bongo Ondimba, le président de la République, au nombre desquels « la bonne gouvernance ».

 

Ce qui démontre tout l’attachement du chef de l’Etat audit principe, c’est, à n’en point douter, l’érection d’institutions dont les missions sont de traquer jusque dans leurs derniers retranchements, les agents indélicats de l’Etat et leur réserver le sort qu’ils méritent. Clé de voûte de ces institutions parmi lesquelles la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI), le Ministère en charge de la bonne gouvernance à la tête duquel se trouve Me Francis Nkéa Ndjighe qui n’a de cesse d’appeler ses compatriotes à plus de civisme.

Cependant, nombreux sont encore les responsables qui, soit en font fi, soit ont de quoi se justifier, mais s’y prennent souvent avec du retard. Ce qui, vous vous en doutez, comporte des dommages au demeurant regrettables. Le cas de ce qui est actuellement vécu par les pensionnaires de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) qui s’entendent dire par la Direction générale de l’institution qu’elle traverse une zone de turbulence, ce pourquoi ils touchent avec retard leur pension. La CNSS dit ne disposer pour le moment que de 19 milliards de nos francs contre 21 qu’exige l’appurement de la dette aux retraités visiblement très remontés, ce qui se comprend.

La question que l’on se pose est bien celle de savoir quel rôle jouent des entités telles la direction du recouvrement et celle du contentieux à la CNSS quand on sait qu’elles font partie de celles qui méritent d’être interrogées lorsque surviennent des problèmes en rapport avec la perception des sommes dues régulièrement par les entreprises et sociétés pour ne pas dire organisations ? Ces entités précitées ont- elles du plomb dans l’aile ? Si oui, pourquoi ? Car il s’agit bien de soulager un nombre important de responsables de familles de qui dépendent de nombreuses bouches par les temps qui courent !

Où la CNSS trouvera- t- elle des excuses pour tenter de se justifier ? Le Covid-19 ne suffira pas, le phénomène étant vieux comme le temps. Cela fait en effet longtemps qu’on entend autour de la direction générale à Glass, des grincements de dents qui sont vécus avec beaucoup d’amertume à des kilomètres à la ronde, dans les taudis surpeuplés où des ventres affamés attendent impatiemment leur pitance. L’on a atteint le fond du vase quand on explique que ces retraités sont des femmes et hommes ayant travaillé au moins 20 ans de leur vie et sont àgés d’au moins 55 ans et qui en plus sont éligibles pour avoir droit à une pension puisqu’ayant vu sur les retenues dans leurs bulletins de salaire, pendant qu’ils étaient en activité, figurer des retraits CNSS. Qu’est- ce qui explique alors, se demande- t- on fort logiquement, qu’alors qu’on ait subi des ponctions sur salaires au titre de la Caisse, on ne puisse pas toucher sereinement sa pension pourtant bien méritée ? Ne faut- il pas aux plus hautes autorités se saisir de ce dossier brûlant pour réconcilier la CNSS d’avec ses usagers ?

Tatave Dounguenzolou

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