La question que nous sommes tentés de nous poser quand on sait que le rôle du communicant à travers le monde est celui de soigner et même défendre la cause du patron en faisant bien-entendu preuve de lucidité et de savoir parce que le discours que l’on attend de lui, loin d’être une simple rhétorique, doit pouvoir s’appuyer sur des arguments de défense acceptables.

Le constat vient malheureusement dévoiler l’une des carences de la Communication présidentielle qui montre, selon l’une des lectures que l’on peut faire, que le suivi du traitement de l’activité du président de la République par des médias internationaux est mal assuré et qu’aussi, les personnalités en charge du dossier soit lèvent le pied, soit font montre d’incompétence quand on sait ce que représente la Communication dans des circonstances comme celle qui présente le chef de l’Etat comme un malfrat, l’accusant de posséder, sans preuves tangibles et palpables, peut- être à dessein, plusieurs sociétés dans des paradis fiscaux. L’information que nous devons au Consortium international des journalistes d’investigations (CIJ), faisant état du scandale dit des « Pandora Paper’s », avait pourtant de quoi susciter immédiatement la réaction, ce fut souvent le cas lorsque l’actuel ministre d’Etat à l’Energie, Alain-Claude Bilié-By-Nzé, occupait les fonctions de Porte-parole de la Présidence de la République. A l’instar du Premier ministre ivoirien Patrick Achi, du président kenyan Uhuru Kenyatta et du roi Abdallah de Jordanie, pour ne citer que ceux-là, Bilié-By-Nzé n’hésitait pas de riposter aux attaques tendancieuses propres à salir, voire ternir l’image de tout un pays quand on sait ce que représente pour lui la première des Institutions qu’est le président de la République qui, parce qu’il est élu au suffrage universel, mérite, dirait-on, un traitement au-dessus de la mêlée. La Communication présidentielle a-t-elle compris que les informations tendant à discréditer le Président doivent être traitées diligemment avant qu’elles ne fassent tâche d’huile pour que les velléités des uns et des autres s’estompent et que le débat, pour inutile qu’il est, n’est pas droit de cité et que des interprétations aléatoires n’aient pas lieu ? Nous n’en sommes pas si sûrs à en juger par la posture de Jessie Ella Ekogha, Porte- parole de la Présidence de la République, pendant la conférence de presse donnée ce jeudi au cours de laquelle il a réagi, contrairement à ses chères habitudes, avec trois jours de retard devant un scandale qui exigeait une réponse du tic-au-tac. Beaucoup de Gabonais semblaient en effet l’attendre impatiemment sur la question sur laquelle il a plutôt eu une réaction jugée mitigée par bon nombre comme s’il la prenait avec des gants ou s’il se reprochait quelque chose. Le sujet était-il tabou ? Nous croyons savoir que non quand on sait le président de la République, lui-même, attaché aux valeurs privilégiant la vérité, l’honnêteté, la transparence et la justice. Le silence de Jessie Ella Ekogha depuis la publication de la nouvelle compromettante donne visiblement à penser qu’il ne sait pas quel est son rôle dans ce milieu qu’est la présidence de la République et qu’il lui manque d’arguments à défaut de ne pas savoir dans quelles circonstances et comment les utiliser. Ce qui nous amènerait conclure à une erreur de plus de casting. Pourvu que ce ne soit pas le cas !

 

 

 

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