Certaines nominations de responsables dans des sociétés étatiques ou para- étatiques qui relèvent visiblement d’un mauvais casting, sont à déplorer. Car, il cause souvent du tort non seulement au mentor du nommé, mais aussi à l’Etat souffrant des nombreux dysfonctionnements intervenant quand dame orthodoxie est bafouée.

 

Voici un exemple parmi tant d’autres hélas qui fait déjà couler beaucoup d’encre et de salive. Il s’agit de l’acte grossier posé le 13 septembre dernier par un des protégés de Marie-Madeleine Mborantsouo, président de la Cour constitutionnelle et régente véritable du Gabon. Le nommé Godwin Alini Yandjangoye, tout nouveau Directeur général de l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG), qui a cédé sans l’aval, l’autorisation et la signature du ministre de tutelle, le ministre des Transports en l’occurrence, et du président du Conseil d’Administration de l’institution, une partie de la façade maritime, domaine de l’Office, à la Mairie de Port-Gentil.

Alini Yadjangoye, pasteur de l’église « Chapelle des vainqueurs » vient là d’étaler au grand jour son abyssale immaturité doublée d’incompétence que n’auraient jamais affiché ses prédécesseurs bien au fait des textes et autres dispositions régissant le fonctionnement de l’OPRAG. Peut- être s’est- il permis de signer une telle Convention avec le maire de Port- Gentil et d’en faire à sa tête, parce qu’il sait sur quoi il compte, protégé qu’il est, comme on le sait, par un gros parapluie qui pourrait l’épargner, y compris d’une averse. Qu’à cela ne tienne, est-il permis dans un Etat qui se déclare de droit, de briller par de tels faiblesses et égarements et de ne point se fier à la hiérarchie lorsqu’il s’agit de poser des actes qui l’engagent outre mesure ? Devant nous, un cas d’école, celui d’un néophite qui parce qu’il a atterri à la tête de l’Office comme un cheveu dans la soupe (aidé par son oncle Oyiba), est loin, mais alors très loin, de maîtriser l’activité portuaire. Le seul bémol, il est ambitieux, mais n’aspirait peut-être pas, tout homme de Dieu qu’il est et en son âme et conscience, être bombardé à un poste aussi sensible, n’eût été l’intervention de Marie-Madeleine Mborantsouo qui était très certainement animée par l’idée de faire brouter le parvenu de parent. Et voilà où nous mène ce népotisme bancal devant lequel nous ne pouvons qu’attendre une prompte réaction des autorités compétentes qui pourrait aller jusqu’au limogeage de l’énergumène de plus qui est encore loin de comprendre la procédure pour céder un domaine public appartenant à l’Etat gabonais, quoiqu’étant sous sa gestion. Il faut pourtant rappeler que cela ne date pas d’aujourd’hui et que la demande de la Mairie de Port- Gentil a été jusquici suivie d’une fin de non- recevoir de la part des prédécesseurs d’Alini Yadjangoye, eux, à cheval sur les principes qui veulent que, comme dans le cas de la cession du port-môle de Libreville au Fonds Gabonais d’investissements Stratégiques (FGIS), cela se fasse par exemple par décret pris en Conseil des ministres et non par l’OPRAG. On comprend alors aisément que l’acte posé par notre DG n’est ni plus, ni moins qu’un bradage de trop sur le dos de l’Etat qu’il va falloir vite réparer si l’on veut éviter que de tels comportements ne soient légion.

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