Conformément à la constitution, le chef d’Etat gabonais a délivré le 16 août dernier son discours à la nation. Mais le contenu des annonces d’Ali Bongo Ondimba a suscité des vives réactions. Dans une interview Marc ONA ESSANGUI, membre de la société civile gabonaise, fondateur de l’ ONG environnementale Brainforest et président d’environnement Gabon, répond sans langue de bois à nos questions. 

Gabon Infos: Le Gabon va plutôt bien, s’est réjoui Ali BONGO ONDIMBA, il a déclaré que le Gabon est à l’échelle planétaire, l’un des pays les plus engagés et les plus efficaces dans la lutte contre le réchauffement climatique. Partagez-vous ce point de vue ?

 

Marc Ona Essangui : Le Gabon est premier en tout mais à y regarder de plus près il n’est premier en rien.

La preuve le secteur de l’environnement et forestier sont secoués depuis des mois par des grèves des agents qui dénoncent la mal gouvernance et les malversations financières.

Les bailleurs de fonds sont unanimes, leurs subventions sont détournées sans atteindre les objectifs. 30 ans d’ecofac au Gabon pour zéro résultats. Le projet CAF et celui de l’ARC Emerode sont des symboles des détournements des fonds dans le secteur Environment. Et au centre de ces malversations et de cette gouvernance chaotique : Lee White. Lui qui est présenté comme celui qui vient sauver le secteur de la corruption et de là mal gouvernance.Allez y comprendre quelque chose.

 

Gabon Infos: Pour son rôle dans la protection des forêts, la Norvège vient d’octroyer un fonds de 17 millions de dollars américains au Gabon. Un commentaire sur la gestion de ce fonds ?

Marc Ona Essangui: Ali Bongo et son équipe nous ont habitué à des superlatifs sur tous les plans et au plan environnemental. Mais la réalité de terrain est toute autre. Une communication pour attirer des financements extérieurs qui sont ensuite détournés. Le dernier exemple en date est le courrier que l’AFD vient d’envoyer au ministre des eaux et forêts pour bloquer tous les financements du projet CAF à cause des détournements massifs. Les financements de la Norvège ne vont pas échapper à cette logique.

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