L’état de la route Nyali-Mabanda/Banda-Mamba met en colère les populations depuis près de deux ans. Elles ont tout le mal du monde à rallier un point A à un point B à travers l’unique route du département de la Doutsila. Sa dégradation est due à l’utilisation abusive de celle-ci par deux sociétés forestières qui refusent de l’entretenir au motif qu’elles verseraient une taxe au conseil départemental de Mabanda.

L’état de la route Nyali-Banda Mamba

La dégradation de cette route longue de 94 km est tellement avancée que les femmes enceintes et les malades ne peuvent être évacués. Apercevoir une voiture dans cette zone relève de la fiction et les transactions commerciales sont quasiment incertaines.

C’est d’ailleurs cette question qui était au centre de plusieurs rencontres des populations de Mabanda, réunies au sein du collectif éponyme. Dans un courrier adressé à Mme le président du conseil départemental, le collectif a fait connaître son mécontentement envers l’une des autorités du département. Les populations ne comprennent pas qu’elle ne s’implique pas dans la résolution de la question évoquée.

« Madame la Présidente, c’est en vos titre et qualité que l’honneur vous échoit de recevoir ce billet suite au combat commun que nous menons face à nos opérateurs économiques

Présidente du Conseil départemental que vous êtes, donc chef du département et ironie socratique, vous ne pouvez pas être absente du collectif des populations de la Doutsila, ce qui ferait de nous des vices versa.

Madame la Présidente, il nous plait de vous rappeler que le souci du bien-être social des populations de la Doutsila : route, école, santé, eau et électricité, est la raison d’être du collectif des populations de la Doutsila. »

Hormis la question de la route, le collectif des populations de la Doutsila évoque le flou dans la gestion d’un permis forestier que se disputent les départements de la Doutsila et de Moulengui-Binza. « Le bois qui constitue une pomme de discorde aujourd’hui est venu s’ajouter comme en 2018 aux sociétés GFT ou SIXCT. Madame la Présidente, depuis 2018, les responsables des sociétés ci-haut cités exploitant le bois de la Mongo avec pour résidence Mabanda ne se sont jamais trouvés en face des populations de la Doutsila pour une quelconque rencontre, si ce n’est le 6 mai 2021 grâce au mouvement d’humeur observé par le Collectif des populations.

Madame la Présidente, le 6 juin 2021 à Mabanda, au siège de votre institution, vous étiez autour d’une table ronde avec vos collègues, préfet, maire, responsable cantonnement eaux et forêts, commandant de brigade de Mabanda et les forestiers. Etaient également présents, les chefs de quartiers et des regroupements, pour débattre des sujets que nous ne pouvons nommer ici pour n’avoir pas été conviés. »

Le collectif des populations du département de la Doutsila accuse ouvertement les autorités du département de corruption. « Cette rencontre aurait eu pour but, la sempiternelle question de distribution des pots de vin qui avilit, dénature l’image et ramène à la servitude, peu importe. Mais s’il avait été question de traiter des problèmes engageant la vie du Département sur le dos du collectif, cela serait perçu à tous égards comme étant une trahison, sinon une conspiration contre un peuple longtemps abusé et désabusé.

A propos de l’exploitation du bois, ressource propre à la Doutsila, le collectif lance une mise en garde contre tous ceux qui, avec la complicité des services des eaux et forêts, tenteront dorénavant d’occulter la transparence dans le calcul du volume du mètre cube et le montant alloué aux populations villageoises. A cet effet, après avoir obtenu des informations crédibles, liées aux pratiques dénoncées plus haut, le collectif combattra vigoureusement ce genre de manœuvre.

Le gouvernement est donc invité à prendre ses responsabilités dans cette affaire, laquelle pourrait avoir les mêmes conséquences que celles liées à la situation de Mekambo, dans la province de l’Ogooué-Ivindo.

 

 

 

 

 

 

 

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