Cérémonie d’ouverture

Ouvert à Abidjan  par le coordonnateur régional de l’action de l’Etat de la mer, ce 22 mars 2021, le séminaire de formation des inspecteurs de sécurité maritime sous le thème : « INSPECTEUR DES PECHES – NIVEAU 1 » a débuté par une cérémonie officielle. Nous avons eu droit à deux allocutions, en présence d’un parterre d’invité, notamment : du Conseiller du Directeur Général chargé de l’Ingénierie Pédagogique, du Directeur de l’ISMI ; du Coordonnateur du programme Régional d’appui à l’Action de l’Etat en Mer dans le golfe de Guinée ; de la Représentante du CPCO ; et des auditeurs.

 

Prenant la parole, le directeur général de l’Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer (ARSTM), a planté le décor. Après avoir souhaité la bienvenue aux invités et aux séminaristes. Il a indiqué que : « Ce stage réunit les inspecteurs des pêches, les officiers de marine et les agents administratifs en charge de la pêche, provenant d’une dizaine de pays du du Golfe de Guinée. Il a pour objectif de renforcer les capacités des inspecteurs de pêche en matière de contrôle de pêche à quai dans le cadre de la lutte globale contre pêche INN, conformément aux résolutions du sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement adoptées à Yaoundé en 2013 ».

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Tout en rappelant que : La Pêche INN qui s’est développé ces 20 dernières années est un problème majeur qui constitue une menace mondiale pour la pêche durable, la gestion et la conservation des ressources halieutiques et la biodiversité marine. Nul n’ignore la tourmente dans laquelle se trouve le golfe de Guinée qui reste à la merci des grands prédateurs de pêche. En plus d’affecter les écosystèmes sains et productifs, elle a aussi un impact sérieux sur la situation socioéconomique de nombreuses communautés de pêche de la zone et occasionne des pertes importantes en termes de développement économique et social. Elle constitue en a point douter la menace la plus grave contre la sûreté maritime dans le golfe de Guinée, devant la piraterie maritime. En effet, sur une réserve de plus d’un million de tonnes dans le golfe de Guinée, la Pêche INN, représente 37% des captures ; ce qui engendre un coût de 1,3 milliard de dollars par année.

C’est fort de cela que le dernier rapport de l’ONG Green Peace intitulé « Mal de mer », paru en octobre 2020, fait le constat que : « les écosystèmes marins sont de plus en plus dégradés du fait de la pollution, de la surpêche par des chalutiers étrangers, des méthodes de pêche destructrices et de la pêche illicite ». Fin de citation.

Déjà en 2014, dans une étude sur la pêche illégale au large des côtes de l’Afrique de l’ouest, Interpol tira la sonnette d’alarme sur les subterfuges utilisés par les exploitants de navires se livrant à la pêche illégale. Ils recourent à différentes techniques pour échapper à la surveillance des services chargés de l’application de la loi ».

 

Pour le directeur général l’Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer (ARSTM), ce séminaire vient à point nommé, qu’il va contribuer à renforcer les capacités des inspecteurs de sécurité maritime sur la lutte contre la pêche illicite.

 

« C’est pour contribuer à une riposte efficace à cette menace que l’Institut de Sécurité Maritime Interrégional de l’Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer organise ce stage de formation. Et nous devons tous nous appuyer et nous inspirer des résultats des travaux du présent séminaire en vue de prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illégale, non déclarée et non réglementée de nos Etats ».

Ouvrant les travaux, le coordonnateur régional de l’action de l’Etat de la mer, a indiqué ce séminaire va donner le savoir-faire basique aux inspecteurs de sécurité maritime.

« Je rappelle que ce stage de niveau 1 fait suite à un cycle de formation sur le même sujet qui s’est déroulé à l’ISMl en 2019 et 2020, et qui vise à acquérir les savoir-faire basiques en matière d’inspection des pêches ».

Puis d’indiquer que ce séminaire a été motivé par la coopération française suite au constat fait de la destruction des ressources halieutiques.

« La coopération française, à travers I’ISMI, a souhaité mettre l’accent sur le thème de la pêche INN pour plusieurs raisons d‘après les experts, le de Guinée est l’une des zones les plus poissonneuses du monde, mais aussi l’une des zones les plus touchées par le phénomène de la pêche INN Plus de 500% des ressources halieutiques de la zone côtière allant du Sénégal au Nigeria ont déjà été surexploitées o On estime que la pêche illégale dans le golfe de Guinée représente entre un tiers et la moitié des prises régionales totales, Conséquence logique de ce diagnostic, {e manque à gagner est énorme pour les populations des Etats riverains. L’Union européenne estime ces pertes à hauteur de 1,5 milliards d’euros environ.

Pour reprendre les mots d’un ministre-sénateur nigérian : « Le golfe de Guinée est devenu la nouvelle destination des pêcheurs illégaux. Ils viennent et pillent nos ressources. Notre zone est désormais un des points touchés par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) ».

Par ailleurs, la pêche INN dans le golfe de Guinée recouvre de nombreuses activités illicites qui vont au-delà de la description traditionnelle qui peut en être faite, et la réponse répressive qui pour lui, les travaux de ce séminaire « devraient être apportée dépasse les capacités et la compétence en matière d’enquête et de poursuites de la plupart des autorités nationales chargées des pêches. La portée transnationale et la complexité de ces activités nécessitent une coopération tous azimuts entre les services chargés de l’application de la loi au sein des différents pays et par-delà les frontières nationales.

C’est aussi pour cette raison que se tient ce séminaire : favoriser la coopération entre les Etats afin d’identifier des synergies utiles, favoriser les échanges d’information et créer un réseau de connaissances au-delà de nos frontières.

C’est pourquoi il s’agit là d’un séminaire qui revêt une importance particulière, et qui doit être traité avec le plus grand sérieux. La pêche INN est un facteur clef qui contribue au renforcement de l’insécurité maritime dans la région. La formation et le renforcement des compétences des Inspecteurs des pêches n’est pas un luxe, mais une nécessité qui apparaît chaque jour plus urgente ».

 Prennent part à ces travaux de renforcement de capacité que 12 pays, dont, le Bénin, la Gambie, le Gabon, la Guinée, le Libéria, la Mauritanie, le Nigéria, la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Sénégal, le  Togo et la Côte d’Ivoire.

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