On sait les Gabonais essentiellement pervertis, mais pas jusqu’au point de complètement fouler aux pieds les principales caractéristiques des peuples bantous auxquels ils appartiennent, s’il leur arrive de l’oublier. Biendi Maganga Moussavou, ci- devant ministre de la République, vient de convoler en justes noces avec une fille de la famille présidentielle, la nommée Maeva Bongo Ondimba. Fait curieux et préoccupant d’un point de vue sociologique et anthropologique: l’absence de ses géniteurs aussi bien au mariage coutumier qu’à l’officiel.

Il se passe décidément de drôles de choses dans ce monde perverti, car quel sens donné à une union entre deux êtres chez nous si ce n’est avec la bénédiction des parents des deux tourtereaux? Et pourtant, c’est en présence de seulement moins de cinq membres de la famille Maganga Moussavou ( Pierre- Claver, le père, et Albertine, la mère) que le fils du couple, Biendi a épousé, le weekend dernier à la Pointe- Denis, celle qui fait désormais office d’épouse. Un mariage de raison auraient vite fait d’avancer bon nombre quand on sait les intérêts mis en avant par les uns et les autres dans les familles des mariés.
Si l’on peut par mimétisme tolérer que deux êtres se marient officiellement sous nos cieux sans le consentement pour ne pas dire la présence de leurs parents géniteurs, surtout lorsqu’ils sont encore de ce monde et en pleine possession de leurs capacités physiques, morales et intellectuelles, il est en revanche inadmissible d’admettre qu’un tel scénario prévale lors de l’union coutumière sommairement présentée comme celle qui scelle pour la vie les liens entre les familles des deux conjoints qui en sortent bénis. Ne pas y souscrire revient chez les Bantous à n’accorder aucun cachet spécial à l’acte posé par les « mariés ». C’est sur ce point que devraient désormais réfléchir Biendi Maganga Moussavou et Maeva Bongo Ondimba quand on sait qu’en violation des règles coutumières, le marié aurait amené un de ses cousins, représenter la famille lors de la cérémonie du mariage coutumier.

Comment la belle famille a- t- elle cautionné cet acte qui va à l’encontre de nos moeurs? Telle est la question que se posent les observateurs qui se demandent si l’argent remplace la morale et la coutume. Une attitude à l’origine de l’ire de Pierre- Claver Maganga Moussavou qui n’aurait pas supporté les remontrances à lui faites par son petit- fils, né de Biendi, qui s’est permis le luxe de tenir des propos jugés déplacés aux yeux de son grand- père.
En clair, le petit- fils accusait son grand- père d’être jaloux de son géniteur et de ne point l’aimer.

Même la tentative de médiation d’un des oncles maternels de la mariée auprès de Maganga Moussavou a été ponctuée par un échec, ce dernier l’ayant purement et simplement rabroué en opposant une fin de non recevoir à l’invitatation qui lui était faite d’honorer de sa présence le mariage civil.

Voici des faits qui viennent, s’il en était encore besoin, mettre à nue, les rapports entretenus dans les familles gabonaises dites huppées au sein desquelles l’éducation n’a plus aucun sens et où seul l’ingérêt prime.

Chartrin Cesard

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