L’image cocasse d’un conseiller-membre de la Haute autorité de la communication déambulant dans les rues de Libreville avec son agent de sécurité qui le suit comme son ombre à tous ses déplacements est pour le moins surréaliste. Comme un resquilleur en quête d’un mauvais coup,il fuit inlassablement les regards de ceux qu’il croise croyant être pris la main dans le sac.

On a cru au départ qu’il s’agissait d’une simple farce ou plutôt d’uncaprice d’enfant gâté voulant jouir de la beauté des douces journées de saison sèche que nous offre la nature depuis trois mois environ. Il n’en est rien en réalité, le conseiller en questionest tout simplement piéton. Il n’a ni véhicule personnel encore moins de fonction. Il est réduit à faire, comme bon nombre de Gabonais, le parcours du combattant pour aller d’un bout à l’autre de la ville ou prendre un taxi quand il en a les moyens. 

 

Une situation qui a non seulement susciténotre étonnement, mais nous interroge sur la manière dont sont traités ces dépositaires de l’autorité de l’Etat par les pouvoirs publics, plus encore par le président de l’institution qui donne l’impression de prendre du plaisir à voir ses collègues dans une telle posture, vu qu’il ne se casse pas le corps pour tenter d’inverser la courbe des événements.

 

C’est quand-même depuis deux ansque les conseillers-membres de la HAC sont maintenus à ce triste sort sans que cela ne soulève l’indignation des uns et la réprobation des autres. En dehors du président quis’est octroyé un véhicule digne de son rang avec l’argent du contribuable (voir notre article publié le 31 juillet 2020), les autres, en revanche, sont à pied ou continuent, pour certains, de maintenir en état de fonctionnement leurs teufs-teufs.

On n’osera pas comparer les conseillers-membres aux personnages décrits par Victor Hugo dans son roman emblématique « les Misérables », à l’image de Jean Viljean, mais à y observer certains d’entre eux, ils donnent l’impression d’être plutôt des agriculteurs que des détenteurs d’une once de l’autorité de l’Etat.

Et comment ne pas l’affirmer dès lors que l’on a appris qu’un des conseillers-membres est bloqué au Maroc depuis maintenant 4 mois faute de moyens. Parti pour un contrôle médical après qu’il a subi une intervention chirurgicale délicate, il n’a pasencore regagnéson poste de travail depuis lors. Si au départ il était contraint de rester au royaumechérifien en raison de la situation du corona virus qui sévit dans le monde, l’on ne comprend toujours pas pourquoi depuis l’allègement des mesures son retour n’est toujours pas à l’ordre du jour. Ni les pouvoirs publics ni le président del’institution ne daignent se préoccuper de son sort, comme s’il était un être humain en trop, un rebut de la société obligé de errer à l’étranger comme un naufragé perdu au milieu de l’océan.

 

Comment comprendre une telle situation lorsqu’on sait que les conseillers membres bénéficient de primes et la HAC d’une autonomie de gestion ?

 

A entendre ce qui se dit ici et là, cela fait six mois que les primes n’ont plus été payées. Cela peut-il expliquer l’état de quasi précarité dans lequel se trouvent le personnel et le collège des membres excepté bien évidemment le président qui est à l’abri du besoin, et les difficultés auxquelles est confronté le conseiller bloqué au Maroc.

 

Quelle image une telle indigence renvoie-t-elle à l’opinion et aux hommes et femmes des médias qui n’auront aucune considération pour cette institution dont les symboles  s’en trouvent écornés ?  

 

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