Alors que le travail a repris dans l’ensemble des administrations après les restrictions imposées par le gouvernement pour des raisons sanitaires, à la Hac, les portes demeurent closes depuis près de deux mois.

 

Au 286 Avenue de la Libération, siège de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le balai des vieux tacots des conseillers-membres ayant cours tous les mardis et jeudis, jours de la tenue des plénières, a subitement cessé. Tout comme ont cessé toutes les activités au sein de cette entité administrative indépendante en charge de la régulation des médias. 

Mis à part les gendarmes en faction, plus personne n’a plus été aperçu là-bas depuis presque deux mois. Et le silence qui y règne désormais donne à cet endroit l’image d’une nécropole que d’un service public.

Face à cela, nous avons voulu en savoir davantage sur les déterminismes ayant prévalu à la fermeture du bâtiment abritant les services de l’instance de régulation des médias au Gabon. 

A en croire un certain nombre de responsables que nous avons pu joindre, tout part d’une fausse rumeur faisant état de ce qu’un imminent membre de la HAC aurait contracté le corona virus. Raphaël Ntoutoume Nkoghé, le maître des lieux, sans avoir à discuter de la question avec ses collègues en plénière et surtout sans recourir à une expertise médicale, décide de rompre les activités pour procéder à la décontamination du bâtiment. Sauf que cela dure depuis quasiment deux mois et, qui plus est, aucun cas de contamination au covid-19 n’a été prouvé. 

Au dire d’un conseiller-membre, nombreux sont ceux qui parmi eux ont appris la nouvelle de la mise en quarantaine de l’immeuble par le truchement des réseaux sociaux. Ce qui pour lui traduit le manque de considération du président à l’égard de ses collègues.

Il faut noter que la fermeture du siège de la HAC est intervenue bien avant l’annonce par le gouvernement de l’allègement des mesures de restriction et le retour à la normale des activités. A la HAC, le maître des lieux n’a pas cru bon de suivre les directives gouvernementales : les portes de sa ‘’boutique’’ demeurent toujours closes. Le personnel de même que les conseillers-membres sont en chômage technique, gracieusement rétribués par le contribuable.

Cette attitude du président de la HAC correspond-elle à l’orthodoxie en matière de gestion de la chose publique ? D’aucuns répondront par l’affirmative, se fondant sur le fait que c’est tout le pays qui fonctionne de cette manière. D’autres, en revanche, diront que ce n’est pas normal. Et c’est le cas des autres conseillers-membres qui se sont résolus à porter auprès des autorités compétentes les dysfonctionnements ayant cours au sein de l’instance de régulation. 

Depuis leur prise de fonction, en effet, les conseillers ne comprennent pas pourquoi les commissions permanentes chargées de la préparation et du suivi des décisions en plénière ne sont toujours pas mises en place, pourquoi leurs cabinets ne sont toujours pas nommés deux ans après alors que le sien affiche complet, pourquoi il n’y a pas de dotation en matériel bureautique, pourquoi les conseillers membres ne sont toujours pas dotés en moyens roulants, l’astuce trouvée par Raphaël Ntoutoume Nkoghé a été de donner à ses collègues des véhicules bas de gamme (fabriqués en Chine) ayant servi à la campagne électorale des législatives et municipales de 2018, pendant que, lui, s’octroyait un véhicule digne de son rang estimé à  60 millions cfa, avec l’argent trouvé dans le compte du CNC. Poussant l’outrecuidance jusqu’à poser sur le véhicule des plaques non étatiques.

Pendant que ses collègues conseillers roulent en tacots, lui et son agent comptable de l’époque se sont pris des véhicules de qualité achetés par l’argent de l’Etat issu des actifs du CNC.

Mais pourquoi alors n’avoir pas fait bénéficier à ses collègues du même traitement ? Surtout que lors des élections législatives et municipales couplées, l’Etat avait consenti de doter la HAC d’une somme conséquente dépassant les deux milliards de nos francs ? 

Sauf à nous démontrer que cette somme a été engloutie dans l’organisation de ces élections dont les autorités compétentes attendent toujours le rapport depuis plus de deux ans maintenant, cet argent, semble-t-il était largement suffisant pour doter en véhicules l’ensemble des conseillers-membres et même certains membres de son cabinet qui, eux aussi, broient du noir.

En tout cas au Budget de même qu’à la Cour des comptes, le rapport sur l’utilisation des deux milliards des élections est toujours attendu. L’on se demande si ses différentes convocations au B2 ne seraient pas liées à tout cela ? Affaire à suivre.  

 

 

 

 

 

 

 

Facebook Comments