Dans le respect des mesures barrières édictées par les autorités de la République gabonaise, la cérémonie de la première rentrée syndicale de la Fédération des Syndicats des Professionnels de l’Education (FESYPE), dirigée par Paul Moussavou Mombo, a lieu, jeudi 23 juillet 2020,à la Confédération Syndicale Gabonaise (COSYGA), du Conseiller Technique du Ministre de l’Enseignement Supérieur ,de la Recherche,de l’Education Nationale, chargé de l’instruction civique, du Secrétaire général de la COSYGA et les invités des syndicats amis.

Pour rappel,réunis au sein de la Confédération Syndicale Gabonaise (COSYGA) à laquelle sont individuellement affiliés,l’Organisation Syndicale des Professionnels de l’Education Nationale (OSPEN),le Syndicat des Professionnels de l’Education Action pour Tous, le Syndicat des Enseignants Contractuels de l’État Gabonais (SECEG),le Syndicat des Enseignants de l’Education pour l’Excellence en milieu scolaire (SYPEMS),ont décidé, conformément aux principes syndicaux, à unir leurs moyens matériels, moraux et spirituels,en mettant en place une Fédération des Syndicats des Professionnels de l’Education et qui fait aujourd’hui sa première rentrée syndicale.

Après avoir souhaité la bienvenue à toutes et à tous à cette cérémonie,le Secrétaire général de la FESYPE, Paul Moussavou Mombo affirme que la porte de sa Fédération est ouverte à d’autres Syndicats.

Selon le syndicaliste, dans une société en pleine mutation, l’objectif de la FESYPE, premier témoin au quotidien de l’école gabonaise,est de présenter aux pouvoirs publics de manière réaliste,les exigences qu’impose une école de qualité au 21ème siècle. Il prône,comme sous d’autres cieux où la co- gestion pour la promotion d’une bonne école est pratiquée, le dialogue et la négociation permanente. Il considère l’école comme le souffle de vie de toute une nation. « Après toute catastrophe naturelle ou celle venant de la folie des hommes, c’est-à-dire de la guerre, l’école est la première chose à être réhabilitée », a-t-il souligné. Si l’on en croit M Moussavou, l’amalgame ,c’est de ne pas observer la distinction entre le syndicalisme, l’activisme et la politique, rappelant que certains leaders syndicaux suffisamment engraissés financièrement,ont pu imposer leur voix à l’opinion nationale à tel point que les porteurs du discours constructif d’apaisement et de conciliation,n’ont été entendus ni par les pouvoirs publics, encore moins par le pouvoir politique.

Après avoir énuméré les tares de l’école,il espère que celle-ci pourra se relever, grâce à la redynamisation de l’acteur principal qu’est l’enseignant, grâce à un discours et aux actions pédagogiques ,réalistes , portés par des personnes dont le métier d’enseignant est une vocation,un sacerdoce et non « un appel d’offre ». « C’est donc pour défendre et promouvoir une bonne école,la préparer pour les générations futures que la FESYPE se présente à l’opinion publique gabonaise aujourd’hui. Nous sollicitons en cela l’attention de la tutelle pour nous entendre et l’aide du Secrétaire général de la COSYGA pour la formation syndicale de nos membres « , a-t-il martelé. Il indique que la défense du travailleur et l’outil du travail ne se fera ni par l’invective,ni par la calomnie,ni par la désinformation gratuite , encore moins par l’injure. « Le syndicalisme gabonais a délaissé l’essentiel de son essence :la formation syndicale l’école syndicale, l’éducation ouvrière qui prépare le travailleur à devenir un militant », a-t-il laissé entendre. Avant d’ajouter : « Comme outil de la nation, l’école doit cesser d’être l’outil de nos batailles personnnelles ,son caractère sacré nous l’interdit . »

Par ailleurs,Paul Moussavou Mombo trouve que le syndicalisme enseignant ,au lieu de se pavaner ailleurs,est attendu sur de vrais défis comme l’adéquation formation et emploi au regard de la surpopulation des élèves et étudiants, la vie de collègues éloignés des centres urbains, la mise en place d’une mutuelle des enseignants, la question du civisme en milieu scolaire et professionnel. « Il ne s’agit pas de se substituer aux pouvoirs publics,mais proposer des études de solutions,car la bataille syndicale repose sur la proposition et la négociation,pas sur la grève », a-t-il justifié, avant de conclure qu’au-delà de tous les manquements dont les pouvoirs publics et le pouvoir politique sont indéniablement comptables, la FESYPE considère que le peu qu’on peut sauver doit absolument être sauvé.

Moussa Danioko avec Judex Manfoumbi

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