Mesdames et Messieurs, chers enseignants.

L’article 26 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (DUDH) de 1948 dispose : «
Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé. L’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leurs mérites.

L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants » d’une part ; et l’article 3 de la loi 21/2011 portant orientation générale de l’Education, de la Formation et de la Recherche qui dispose : « le droit à l’égal accès à l’éducation, à l’instruction, à la culture et à la formation, est garanti à tous, sans distinction de croyance, de religion, de race, de sexe, d’appartenance politique ou de toute autre distinction sociale » d’autre part.
Malheureusement, ce droit fondamental à l’éducation a souvent été violé par le gouvernement gabonais qui a toujours négligé à investir dans la construction d’établissements scolaires équipés en laboratoires, bibliothèques, salles d’informatique, plateaux sportifs et par le recrutement et la formation des enseignants et autres personnels, surtout en cette période de pandémie à coronavirus.
En effet, depuis le 14 mars 2020, pour éviter la propagation du virus, le gouvernement a suspendu les cours. Durant cette période, les cours à distance préconisés par le gouvernement pour permettre aux élèves de garder un lien avec l’école ont exclu les élèves des classes intermédiaires et privilégié les élèves des classes d’examens, en l’occurrence ceux de 5e année primaire et de 3e au secondaire, voire certains de terminale, à cause de l’inégal accès auxdits cours.
Contre toute attente, le 30 juin 2020, le gouvernement a décidé de la reprise des cours le 20 juillet 2020 uniquement pour les classes de terminale, en excluant cette fois-ci celles de 5e année et de 3e. Aussi, a-t-il décidé de l’annulation des examens du Certificat d’Etudes Primaires (CEP) et du Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) et d’organiser uniquement le Baccalauréat.
Au regard de tout ce qui précède, la CONASYSED, agent de promotion et de défense des droits de l’homme, refuse d’accompagner le gouvernement dans l’accomplissement du génocide scolaire actuellement en cours.
C’est pourquoi, elle exige du gouvernement :
La maîtrise de la pandémie COVID-19 avant toute reprise des cours ;
L’administration d’un remède à titre préventif et curatif tel que la Fagaricine, le Covid organic ou l’Apivirine à toute la population gabonaise en général, et aux enseignants et élèves en particulier ;
Le suivi du respect de toutes les mesures barrières par les populations ;
L’organisation du CEP, du BEPC et de tous les examens de l’enseignement technique et professionnel, et de la formation professionnelle ;
Le paiement intégral des vacations 2018 et 2019 ;
L’octroi de l’indemnité COVID-19 aux enseignants qui reprendront les cours, car ils seront exposés aux risques de contamination de la maladie.
La CONASYSED tient à l’organisation de tous les examens et concours nationaux et au maintien de toutes les disciplines qui composent ces examens et concours.
Le refus par le gouvernement d’accéder à ces préoccupations urgentes pourrait amener la CONASYSED à demander aux enseignants de ne pas reprendre les cours le 20 juillet et de ne pas prendre part à l’organisation du Bac.
Par ailleurs, la rentrée des classes du 09 novembre 2020 est conditionnée par :
La régularisation de toutes les situations administratives des enseignants (recrutements, intégrations, titularisations, avancements automatiques, mises en stage, reclassements après stage) ;
Le paiement des rappels solde ;
La construction d’établissements scolaires équipés en laboratoires, bibliothèques, salles d’informatique, plateaux sportifs ;
L’organisation des concours interne et externe d’entrée à l’Ecole Normale des Instituteurs (ENI) et à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) ;
La prise du décret revoyant et corrigeant les nominations du 30 septembre 2019 à l’Education Nationale ;
La satisfaction des autres points du cahier des charges de la CONASYSED.
Enfin, en cas de contamination d’un enseignant à la maladie à coronavirus durant la période de reprise des cours, la CONASYSED estera en justice les responsables d’administration conformément à l’article 6 de l’arrêté n°0055/MFPTFPDS du 30 avril 2020 fixant les modalités dérogatoires du travail dans les services publics non essentiels pendant la période de l’Etat d’urgence lié au COVID-19 qui dispose : « Les responsables d’administration sont tenus de veiller au strict respect des dispositions prévues par le présent arrêté sous peine d’engager leur responsabilité civile et pénale en cas de constatation de non-respect par leurs agents desdites mesures ».
Je vous remercie.

Fait à Libreville, le 09 juillet 2020.
Pour la CONASYSED,
Le Délégué Général
Louis Patrick MOMBO

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