Promu ministre, Lee White est aussi bien à l’aise dans son nouveau fauteuil qu’ii l’était dans celui de patron de l’Agence nationale des parcs nationaux. Mais ici bas, la promotion d’un cadre ne fait pas le bonheur de tout le monde. A coups de bec et de kongossa, les bouffe-cadeaux n’ont pas hésité de salir la veste du gentleman. A présent, c’est au sein du ministère des Forets, de la Mer, de l’Environnement, du Plan climat, des Objetifs de développement durable et du Plan d’affectation des terres que l’on transpose les instruments de la future guerre transpersonnelle.

C’est une manière comme une autre de vouer tout l’amour qu’on éprouve pour le sorcier blanc ! Le syndicat maison ne fait pas dans la dentelle. Injonctiion est faite à Lee White d’’abandoner illico son maroquin de ministre. Pas moins ! Les raisons, même si elles constituent une base de revendications légitimes, portent en elles-mêmes les germes d’antipathie, d’inopportunité, d’ignorance et de légèreté qui peuvent prêter soit à ricaner, soit à pleurer ou simplement à se boucher les oreilles. Les braves syndiqués exigent le versement d’une prime d’astreinte, la suppression d’une brigade dont les membres ont déjà prêté serment ainsi qu’une série de nominations opérées en conseil de ministres.

On a du mal à cerner la nouvelle stratégie des syndicats. Ils ont le secret de se déployer à la mauvaise heure et pour des causes biaisées. En tout cas, la sortie de ces hommes et femmes rappelle étrangement celle du syndicat du ministère de la Santé au moment où l’épidémie du coronavirus frappe le Gabon. Même s’il s’était agi d’une coïncidence, elle avait une forte arôme de chinoiserie bantu ! Le débraiement du syndicat au ministère des Eaux et Forêts intervient au moment où de profondes réformes sont engagées ou sont en voie de l’être dans un gros département ministériel qui a fini par devenir une épicerie à la merci de requins l’ayant presque désossée au bout de quatre décennies, le depéçage remontant autour des années 80…

Il est fastudieux de revenir sur l’action des ministres qui se sont succédé à la tête d’un ministère pachyderme. On peut simplementt résumer par une formule en yipunu : nyama nzahou. Peut importe qu’on ne partage pas la cruelle réalité d’un ministère livré à des chefs (toutes tailles confondues) aussi voraces que gloutons. Traitement réservé à un éléphant abattu chez les Punu, chacun prélève, selon ses forces, un quartier de viande. Et on s’active qui avec un coupe-coupe, qui avec une hache, qui avec un canif, qui avec les dents et qui avec les ongles…

Ministère de première importance mais ministère en ruines, les Eaux et Forêts ne sont plus qu’une catastrophe. Il était urgent de trouver un homme de tête et de cœur pour relever le pachyderme à l’agonie. On avait presque oublié que ce ministère est celui du futur et de la pérennité d’un pays. Qu’en somme, l’environnement constitue un passeport pour l’an 3000…

Lee White, appelé à la rescousse, n’est pas qu’un scientifique et un environnementaliste.  Il a le poids de la forêt gabonaise qui l’a adopté. Ils ne sont pas nombreux, aux côtés des Pygmées et apparentés, à sortir indemnes du sanctuaire vert dont on ne parle pas suffisamment. A dessein.

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