Pour venir à bout de la grande criminalité d’une part, et faire cesser la psychose qui a secoué le pays pendant plus d’une semaine d’autre part, les autorités avaient décidé de déployer devant chaque établissement et certaines rues, quelques individus en uniformes. Pour salutaire qu’elle soit, cette mesure comportait néanmoins des dérapages qui avaient causé un grand tort aux usagers. L’opération qui visait un maximum de sécurité, s’était transformée malheureusement en une grande opération d’arnaque. Les usagers de la route étaient soumis à des contrôles inopinés. Avec l’instauration du couvre-feu et d’autres mesures suite à la crise sanitaire due au COVID-19, les habitudes ont la vie dure.

Que de dérapages et autres voies de fait de la part de nos forces de l’ordre en charge de faire appliquer ces mesures ! Si vous êtes en voiture, vous avez un petit commerce, une épicerie … sachez que vous êtes une proie potentielle. Véhicule en règle ou pas, l’agent s’en fiche. Il gardera vos papiers jusqu’à ce que vous ayez décrypté son langage codé. Ceux qui ne veulent pas perdre du temps, sans rechigner, casquent le précieux billet. Si vous êtes réfractaires, vous pouvez passer énormément du temps à vous morfondre jusqu’à ce que l’agent consente à vous lâcher les basques. Il devient vachement chiant de circuler à Libreville de nos jours sans être emmerdé par les forces de l’ordre. Ceux qui ont des épiceries, même fermées, sont soumis à l’arnaque. L’agent arrive à l’improviste et vous trouve dans vos locaux qui vous servent aussi de logement et sans qu’il y ait la moindre opération de vente, vous êtes une parfaite proie. L’opération de semi confinement est, en fait, une aubaine pour de nombreux ripoux qui entendent faire fortune pendant tout le temps que va durer cette opération de confinement partiel. Il en est même qui souhaitent qu’elle se pérennise afin de s’en mettre plein les poches.

C’est le lieu ici de s’interroger sur le rôle de la police militaire. Qu’attend-t-elle pour donner un coup de balai afin que nos forces de l’ordre se désinfectent de cette mauvaise graine qui donne une mauvaise image de nos corps habillés, lesquels brillent par des irrégularités souvent décriées ?Si déjà les usagers de la route les subissent au quotidien, leur déploiement dans les rues ne fait qu’empirer une situation déjà insoutenable.Et que font les différentes inspections en charge de la prévention des dérives autoritaires et autres voies de fait dont sont coupables certains agents? La réponse à toutes ces questions est sans doute à rechercher au sommet de la pyramide où nichent les hauts galonnés embourgeoisés. Comment penser autrement lorsque les contrôles de taxis se font dans le désordre absolu ! Deux policiers ou gendarmes peuvent, à eux seuls, immobiliser une dizaine de véhicules au même moment et au même endroit pour un contrôle de routine. Chaque corps à son périmètre de ‘’travaille’’, même s’il peut arriver qu’ils mutualisent leurs énergies sur un même site. D’aucuns sont spécialisés dans le contrôle des taxis bus. D’autres dans les petites berlines. ‘’En règle ou pas, nous les taxis bus payons 1000 à 2000, et les autres 500 ou 1000 FCFA’’, se plaint un taximan.Comment voulez-vous qu’un pays décolle avec de telles pratiques qui sont un frein au développement !

Du fait de ces pratiques, les forces de l’ordre sont moins regardantes sur les normes de sécurité. Il vous suffit d’avoir de quoi payer au moindre contrôle pour circuler librement en toute irrégularité. D’où la récurrence des accidents de la route. A Libreville, les accidents de la route font de nombreuses victimes souvent du fait de l’inconscience des conducteurs. Dans les pays développés, la police veille à ce que les normes de sécurité soient respectées à la lettre. Tout contrevenant s’expose à des amandes. Sous les tropiques, on a affaire à des fous du volant qui ignorent tout des normes de sécurité. Certains conducteurs de taxis n’ont pas de permis de conduire. Ils comptent surtout sur les effets du chanvre indien, du ‘’cobolo’’ et du billet à glisser à l’agent, véritables catalyseurs d’un courage suicidaire.

 

 

 

 

Facebook Comments