Dans un point de presse, diffusée mardi sur les réseaux sociaux, dynamique unitaire a passé au peigne fin le dernier discours du président de la République. Elle y fait une analyse, estimant que cette énième sortie du Chef de l’État n’a pas répondu aux sollicitations bxe la grande masse.

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Travailleuses, travailleurs,
Chers Concitoyens,
Mesdames, messieurs

La vacuité du prétendu discours du Président de la République du jeudi 21 mai dernier confirme le cynisme politique qui fait plus de mal que la COVID-19 au Gabon, comme l’a affirmé la Confédération Syndicale Dynamique Unitaire (DU) à sa précédente déclaration. Aucune réponse concrète n’a été apportée aux préoccupations d’ordre sanitaire, social et économique. DU réitère ainsi : Où sont les masques et gels hydro alcooliques pour la population ? Qu’en est-il des équipements de protection pour les personnels de santé et des affaires sociales ? A quand la réparation des scanners et appareils de radiologie dans les hôpitaux publics ? Où sont les prétendus respirateurs achetés par l’Etat ? Où sont les financements publics au profit de l’IPHAMETRA, l’USTM, l’USS, le CIRMF et le CERMEL pour la recherche d’un remède ? Qu’en est-il de la Banque alimentaire et de sa fameuse distribution des bons et kits alimentaires pour les mois de mai et juin ? Quelle est la pertinence d’un confinement qui ne freine en rien la diffusion de l’épidémie, mais détériore l’économie et les conditions de vie de la population? Comment comprendre qu’en dépit du lourd dispositif sécuritaire pour confiner la population, de nombreux cas de contaminations sont signalés à l’intérieur du pays, notamment dans l’Ogooué-Lolo et le Haut-Ogooué ? Qu’en est-il de l’effectivité du confinement des Gabonais rapatriés ?
Dans le discours du jeudi 21 mai, il est dit que le Gabon s’est doté d’un « laboratoire en mesure de réaliser jusqu’à 10 000 tests covid-19 par jour », opérationnel dès cette semaine. Ce nouvel outil biomédical, installé au palais des sports de Libreville, est censé accompagner une stratégie sanitaire qui « repose sur trois piliers. Un, le dépistage massif de nos concitoyens. Deux, l’isolement en cas de tests positifs pour entraver la propagation du virus. Trois, le traitement au plus tôt des cas déclarés positifs pour assurer un meilleur taux de guérison ». Les pays qui adoptent cette stratégie comme l’Allemagne, la Corée du Sud, Israël, Taïwan, etc., ont mis automatiquement fin au confinement de la population, puisqu’il s’agit désormais de confiner exclusivement les malades. D’ailleurs, même la France depuis le 11 mai en fait autant. De ce constat, pourquoi l’exécutif au Gabon maintient-il donc le confinement, le couvre-feu de 18h à 6h, la présence des forces de défense et les check-points en journée ? Qu’est-ce qui justifie encore la fermeture des activités de commerce, ou même l’interdiction des déplacements sur le territoire national ? En outre, les pays qui adoptent la stratégie susmentionnée, mettent les masques et gels hydro alcooliques à la disposition de leur population. Ce qui n’est pas le cas au Gabon. Pourquoi des laboratoires similaires de 10 000 tests COVID-19 ne sont-ils pas installés à l’intérieur du pays, par exemple à Franceville où l’épidémie sévit et est sous-évaluée par le COPIL ?
Au regard de ce qui précède, DU invite l’exécutif, s’il est sincère et cohérent dans sa stratégie, à :
annoncer dans les tout prochains jours un chronogramme de déconfinement de la population, de reprise des activités de commerce à l’arrêt, et la fin du couvre-feu ;
se concerter avec les syndicats pour fixer consensuellement les dates et modalités de reprise des cours après la décrue de l’épidémie ;
distribuer à la population les masques et gels hydro alcooliques qu’il reçoit de bienfaiteurs ;
installer des laboratoires de tests COVID-19 dans tous les chefs-lieux de province et de département.
En cas de non-exécution de ces lignes directrices, cela sous-entend que l’exécutif veut en réalité restreindre les libertés publiques à des fins inavouées, et tuer la population en laissant l’épidémie se propager. DU espère que le COPIL ne fabriquera pas un pic et une décrue de l’épidémie pour envoyer les enseignants et les apprenants à s’exposer dangereusement.

Travailleuses, travailleurs,
Chers Concitoyens,
Mesdames, messieurs

Dans le discours du jeudi 21 mai, le paiement d’une prime spéciale réclamé par DU pour le personnel de santé, a été annoncée dans les prochains jours sous l’appellation indemnité COVID-19. A combien s’élève l’enveloppe budgétaire allouée ? Un décret a-t-il été pris pour encadrer cette indemnité et les modalités de son paiement ? Quel est le montant par agent ? A quand le paiement ? Ces interrogations sont légitimes, au regard de l’entourloupe mise en place avec l’accélération du paiement de la PIP du deuxième trimestre 2015 uniquement au personnel de santé, à la suite du discours, au détriment d’autres administrations comme celles de l’Habitat et des affaire sociales. C’est pourquoi, DU exige :
le paiement de la PIP du deuxième trimestre 2015 avant le 5 juin aux administrations lésées ;
l’inclusion du personnel des affaires sociales dans le paiement de l’indemnité COVID-19 ;
la mensualisation du paiement de l’indemnité COVID-19 depuis le 12 mars jusqu’à l’éradication de l’épidémie ;
les équipements de protection aux personnels de santé et des affaires sociales. A cet sujet, l’exécutif s’illustre par une schizophrénie, en affabulant dans le discours du 21 mai que « notre système sanitaire est outillé face à cette pandémie » ; alors que dans le même temps, il quémande et reçoit l’aide financière et le matériel médical de l’étranger.
En cas de non-exécution de ces lignes directrices, cela sous-entend que l’exécutif méprise en réalité le travailleur, et veut particulièrement tuer le personnel de santé en le livrant à la COVID-19.

Travailleuses, travailleurs,
Chers Concitoyens,
Mesdames, messieurs

DU ne saurait terminer son propos, sans évoquer la situation de captivité à laquelle est confrontée Jean-Rémy YAMA à Lastourville depuis plusieurs mois, orchestrée par le ministre de l’intérieur Lambert-Noël MATHA qui refuse de lui délivrer un lasser-passer, en dépit de nombreuses demandes faites en bonne et due forme, afin de pouvoir regagner Libreville pour mener ses activités syndicales. A cet effet, DU prend à témoins l’opinion nationale et internationale, quant aux actions de désobéissance et de défiance qui seront entreprises si un laisser-passer ne lui est pas accordée au plus tard ce jeudi 28 mai.

Pour le Bureau Confédéral,
Le Vice-président chargé de la coopération extérieure et des partenariats,

Chantale MACKOSSOT

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