Comme dans une arène aux fauves, les hommes politiques originaires de  la province pétrolière se vouent, en sourdine, une guerre sans merci. Intrigues, délation et coups tordus sont devenus monnaie courante à Port-Gentil.

Chacun cherchant à se faire une place au soleil. Et les victimes, elles, se comptent parmi les personnalités souvent déchues de leur piédestal. Et c’est essentiellement au sein du parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir que ces intrigues funestes prospèrent. Pour nombre d’analystes politiques, les révocations de certains et la reconduction d’autres dans les sphères décisionnelles obeïraient, in fine, à ce dangereux jeu de massacre à Port-Gentil.

Le doyen politique de la contrée, doté heureusement d’une carapace blindée, Michel Essonghe en est souvent la cible. Accusé à tort ou à raison d’être à l’origine de l’ascension ou de la chute des uns et des autres politiques locaux. Sorti du gouvernement il n’y a longtemps, Jean-Fidèle Otandault en sait aussi quelque chose. Pour avoir voulu jouer au « récalcitrant » envers « BLA », et poussé l’outrecuidance jusqu’à imprimer des tee-shirts blancs à l’effigie du PDG lors du passage du « Messager du chef de l’État » à « POG », pendant que certains avec leurs tee-shirts (bleu et vert) aux couleurs de l’AJEV lui faisaient allégeance, il en a payé le prix fort. D’abord débarqué du comité permanent du bureau politique, il est ensuite évincé du gouvernement.
Des manœuvres sordides, les politiques de l’Ogooué-Maritime en font désormais un moyen de survie politique. Il faut donc inventer chaque jour quelque chose sur les frères rivaux politiques, qui gênent aux entournures, pour être dans des bonnes grâces du front de mer. Pendant ce temps, malheureusement, c’est l’écurie locale du PDG qui prend de l’eau. Et à l’inverse, l’opposition se réorganise et en profite. Le retour au gouvernement d’une militante du PDS est une parfaite illustration. C’est la conséquence directe de cette guéguerre.
Du coup, au 4e arrondissement, depuis l’arrestation du MCPBP Noël Mboumba, c’est la chienlit. Et au 2e siège (le plus grand de Port-Gentil, et reconnu très frondeur) les opposants ressortent peu à peu la tête de l’eau. Pensant que la « digue Otandault » se serait cassée avec sa sortie du gouvernement. Mais c’est quand même, sauf à mepprendre, méconnaître une réalité : qu’en politique, les choses se font et se défont au gré des circonstances et des intérêts. Demain se préparant aujourd’hui…

Facebook Comments