PAR JEAN-CHRISTIAN KOMBILA *

LES Grandes dates d’un gouvernement de la République, celles dont la mémoire nationale garde à l’unisson, durant cette décennie, un souvenir vivace et indélébile, sont au fond peu nombreuses. Sinon même rares. En politique, de prime abord, elles sont liées à des moments de l’Histoire, à l’instar de cette période d’ébulition à la Première Chambre du Parlement, mobilisée, hier, par une Levée d’immunité parlementaire, aujourd’hui, par la Déclaration de politique générale du Premier ministre, M. Julien Nkoghé Békalé.

Tout compte fait, parmi ces dates inoubliables, à graver sur du marbre, il y en a une dorénavant, notoirement liée à l’actuel Chef du gouvernement. Ce sera : NKOGHÉ-BÉKALÉ « II » en cette fin 2019. Car, c’est la seconde fois, en dix mois d’intervalle, que le Locataire du  » 2 Décembre  » soumette une Déclaration de politique générale du gouvernement au Vote de Confiance de l’Assemblée nationale. Le Pari est d’envergure. Et la performance politique obtenue non plus ! Du moins, en observant avec minutie le climat socio-politique du moment, propice à tous les retournements inimaginables.

Concrètement, sur les 137 votants, 116 ayant voté pour, 20 contre, et 1 abstention, la Chambre des députés lui a clairement offert, vendredi 27 décembre 2019, un Plébiscite inédit, en guise de Joyeux Noël. Qu’on qu’ on dise, c’est un Jour de Victoire à considérer comme  » Le Nôtre  » par les chantres de la République et de la stabilité des Institutions de l’État.
Du coup, ce Vote de Confiance renouvelée au Premier ministre avec plus de force, et partant à l’action gouvernementale, est un message en vue de l’avenir. Il témoigne d’un réel intérêt à voir se concrétiser au profit du peuple, le Plan d’actions prioritaires décliné devant la Représentation nationale :
Infrastructures routières (135 milliards). Éducation , Enseignement supérieur et Formation professionnelle (117 milliards ). Gestion des Déchets (10 milliards ). Santé (16 milliards ). Eau et Électricité (42 milliards ). Soit une enveloppe globale de 320 milliards.
 » J’ai le devoir républicain de vous tenir le langage de vérité. Ces derniers mois, il s’est élevé des appels et des plaintes de plus en plus récurrents, émanant de nos compatriotes, pour exprimer des inquiétudes, des attentes fortes et pressantes, touchant à tous les domaines de nos vies quotidiennes. Ces attentes ont trait, pour l’essentiel, et sans être exhaustif, à l’état de nos routes et voiries urbaines, à l’insalubrité de nos villes, à la qualité de nos prises en charge dans les hôpitaux, à la situation de notre système solaire et de formation, à l’employabilité de nos jeunes, à la situation de nos retraités, à notre déficite d’exemplarité, à l’image que nous renvoyons à l’opinion publique ».
Ce sont autant de réalités socio-économiques présentées lucidement, sur fond d’auto-critique à partager collectivement et historiquement, en pointant les fondements des précarités galopantes à l’échelle nationale. Ces maux qui perdurent, et posent de graves problèmes d’intégration à la République, n’occultent pas les actions vigoureuses déjà engagées en termes de politiques innovantes de solidarités. Elles portent, entre autres, sur les Réformes de la CNSS et de la CNAMGS, de l’Education (Réformes des bourses et stages ). Ce faisant, l’heure est au sursaut patriotique à l’horizon 2023. « Nous nous devons d’être offensifs » a-t-il promis, convaincu que « beaucoup reste à faire ». Des critiques de la part de l’opposition, il y en a eu, bien qu’extrêmement minoritaires. En particulier du député Davin Akoure (Les Démocrates ), visant l’action molle de certains ministères au regard des comportements déviants et rétrogrades de nombreux ministres et hauts cadres, à l’instar de ces noviciats du pouvoir, en bisbilles avec la Justice, après leurs révocations salutaires du gouvernement.
Au plan politique, justement, ce Vote de Confiance retentissant décerne explicitement une Prime au Sacerdoce républicain à M. Nkoghé- Békalé en tant que Chef du gouvernement. Conduire l’équipe gouvernementale, en évitant habilement la confrontation avec le Cabinet présidentiel, aux heures graves de la convalescence du Chef de l’Etat, M. Ali Bongo Ondimba, en demeurant Loyal à la personne du président de la République, n’a guère été la moindre des performances politiques accomplies durant ladite période.
Tout au long de ces développements négatifs, cachant mal le spectre d’une crise institutionnelle, le « 2 Décembre  » a su tenir la barque, non sans secousses internes et externes, en imprimant sa marque et son style. Mieux, en demeurant constant sur une position de principe ferme, sorte de ligne maginot, sachant distinguer le champ de compétences de la Primature, de celui du Cabinet présidentiel. Lorsque des esprits malins y ont vu de la « faiblesse », les plus avisés ont plutôt salué un sens élevé de l’Art et de la tactique en politique.
En somme, ce Vote de Confiance consacre le souci de maintenir la cohérence au sein de l’Exécutif, ainsi qu’entre le Chef du gouvernement et la Majorité parlementaire. A ce propos, on croit savoir que les contacts quotidiens entre le Premier ministre Nkoghé-Békalé, et les dirigeants du Parti présidentiel au Palais Léon Mba, MM. Martin Mabala, président du Groupe PDG et Faustin Boukoubi, le président de l’Assemblée nationale sont réguliers et positifs. Il n’empeche que ce dernier est formel :  » ils (les députés) vous exhortent quotidiennement à la sacralisation de la parole du président de la République » seul à détenir et à déléguer l’autorité de l’Etat. On l’a compris, cela est vital pour préserver la confiance des gouvernés envers les gouvernants.

Journaliste Politique.

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