Par Jean-Christian KOMBILA *
 » Je suis déterminé à rendre à mon pays ce qu’il m’a donné, à lui être utile, à le conduire vers un avenir meilleur  » ! Ainsi s’est exprimé le chef de l’Etat, M. Ali Bongo Ondimba, sur un ton à la fois solennel et empreint d’émotion, dans l’Entretien exclusif publié, Mercredi 16 octobre 2019, à l’Union. De fait, bien plus que tout au long de cette Décennie de Magistère, le président de la République entend aborder l’action politique de façon pragmatique. Tel est le sens Profond contenu dans ses propos. D’un point de vue objectif, et pour peu qu’on veuille mettre les choses en perspectives, leur écho est particulièrement retentissant.

A telle enseigne, qu’il résonne au fond des mers, au sommet des montagnes, voire aux confins des plaines jusqu’à l’arrière-pays. En outre, il y a surtout dans cette assertion présidentielle, une vivifiante empreinte spirituelle témoignant en vérité d’une Profession de foi lancée devant le peuple souverain. Manifestement, celle-ci est inspirée par les fibres les plus intimes de son Être, nourri et raffermi par les expériences multiformes de dix années de présidence active et intense. Il est plausible que le chef de l’Etat en a tiré des leçons, en particulier au plan politique, pour en faire un art tout en finesse de gouverner, en se fondant avant tout sur la loi et l’ordre, indispensables en vue de projeter le Gabon à l’horizon de l’Emergence.

D’abord en tant que République, Une et Indivisible – en dépit des tensions politiques inhérentes au processus de démocratisation – en paix à l’intérieur de ses frontières, et avec le voisinage. Ouverte aux formes nouvelles d’expression institutionnelle. Où on y garantit les libertés, respecte les aspirations particulières, et prend en compte les intérêts légitimes de la collectivité.

En ce moment historique, cette Profession de foi est en principe guidée par un souci de réconciliation nationale. A commencer par le rapport aux valeurs fondatrices de l’Etat et de la nation, en tête desquelles le sacro-saint crédo  » Gabon d’abord  » ! Dans le contexte de crise de l’Homme qui fait des ravages, au point d’accentuer la crise économique et sociale, avec ses conséquences familiales désastreuses, Ali Bongo est soucieux d’en faire l’axe refondateur de sa démarche politique. Pour preuve, le Cabinet est prêt à y veiller sans relâche. Quitte à brandir la carotte autant que le baton.

C’est inévitable, si l’on veut tenir le pari de la Méritocratie. Cela requiert de restaurer l’esprit de Responsabilité. Tout en châtiant les excès individualistes, qui ont conduit aux détournements de fonds publics et rendu vitale l’opération Mains propres (Mamba). Désormais, il faut aller au-delà, afin de mettre un terme à l’ère des professionnels de la Délation, à l’origine de l’ostracisme de nombreux Patriotes compétents. L’heure est venue de réconcilier le service de l’Etat avec une certaine éthique républicaine.

 » Avec le temps, mon niveau d’exigence avec les membres du gouvernement a augmenté, alors que mon degré de patience, lui, a diminué » affirme le président de la République.
A ses yeux, seuls les résultats font la différence sur le terrain. Ce tournant de la rigueur au travail soumet l’ensemble de l’appareil d’État et le secteur parapublic. Partout, le défi de garantir la Justice sociale et l’équité n’ êst pas toujours relevé.
Réinventer le viatique  » Gabon d’abord « est une tâche qui incombe au gouvernement. Il est de bon augure que le Premier ministre, Julien Nkoghé soit à la tête d’une équipe resserrée, sorte de « coalition » ouverte à l’opposition historique, à la fois fidèle, renouvelée et attrayante par son mode de fonctionnement collégial. Même si, des relents primaires existent encore parmi des noviciats du pouvoir…Il est clair, que la Primature en attend un vif intérêt de la part de l’opinion publique, bien plus attentive à ses arbitrages portant sur les politiques de solidarités.

Ensuite, ce pari présidentiel concerne davantage la stratégie de développement à réactiver concrètement. Car, il n’est plus question de laisser des pans entiers de la nation sur le bord de la route du développement. Justement, le  » 2 Décembre  » a conscience de l’urgence de corriger activement les imperfections économiques visibles pour lutter efficacement contre les inégalités sociales. Du reste, le recul aidant, on garde présent à l’esprit, l’ambitieux programme quinquennal 2011-2016, composé de Treize plans sectoriels de d’expansion. Pour confondre les sceptiques parmi les politiciens et dans l’opinion publique, jugeant insuffisante la capacité d’assimilation de l’Administration publique, au regard de la quantité des chantier, voir de la complexité de certains, le Cabinet oppose à juste titre la noblesse du « Gabon industriel « .

Objectif : Promouvoir la valorisation locale des matières premières, l’exportation des produits à forte valeur ajoutée, la création d’emplois qualifiés, ainsi que la diversification de l’Economie. En prélude au bilan ultime, il y a lieu de voir se dessiner, via cette stratégie audacieuse, le plus puissant vecteur de la croissance pour s’attaquer aux racines de la pauvreté endémique. Avec en toile de fond, le souci de la Jeunesse (40% de la population ), en garantissant des opportunités réelles aux générations futures. Déjà, celles-ci devront reprendre le flambeau d’ un Gabon Uni, qui n’est plus la chasse gardée d’une puissance occidentale. Plutôt ouvert aux investissements étrangers d’horizons divers. Une performance politique unique à consolider ! Laquelle est portée sur le devant de la scène par une diplomatie offensive et imaginative.

Journaliste Politique, Indépendant.

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