President d’Ensemble Pour la République, Dieudonné Minlama Mintogo a lancé l’idée d’une réforme de la haute autorité de la communication (HAC), qui n’a pas depuis arrêté de faire parler d’elle, par le nombre élevé des suspensions dont font face les éditeurs de la presse. Nous publions in extenso sa dernière déclaration sur la question.

Je fais partie de ceux qui ont milité pour la réforme du CNC.  L’objectif visé était clair : rendre cette institution plus démocratique et la mettre sous le contrôle et la gestion des professionnels de la communication.

J’ai toujours pensé que les communicateurs, par leur vécu et leur sensibilité,  pouvaient mieux réguler ce secteur et procéder à un réel renforcement des capacités des différents acteurs.

Malheureusement depuis que cette structure a été mise en place, nous  assistons plutôt à une série  de sanctions contre la presse.

J’ai le privilège de connaître quelques dirigeants de la Haute Autorité de la Communication. Certains ont un vécu de militants ou de défenseurs de la liberté de la presse.

Dans  un passé récent, plusieurs d’entre eux ont subi les affres du bâillonnement, les censures arbitraires  de la part des maîtres de la pensée unique… Aujourd’hui,  je suis désagréablement surpris de constater que ces  mêmes démocrates et hommes de presse, s’adonnent, à leur tour, à la sanction des médias tous azimuts. Ils vont jusqu’à suspendre de parution  des organes de presse  pour des périodes parfois très longues.

Je voudrais attirer leur attention sur le fait qu’un organe de presse est d’abord une entreprise. Au-delà des articles, reportages et autres, il y a derrière un enjeu économique et social : les salaires, les emplois, les familles…

Lorsqu’on décide de suspendre un organe, cela revient à fermer les portes d’une entreprise, envoyer des dizaines de Gabonais au chômage, mettre en difficulté plusieurs familles et les assujettir à la précarité.

J’en appelle à une reforme de la HAC, dans l’urgence,  pour sauver la Liberté de la Presse et la liberté d’expression ainsi que les entreprises de presse dans notre pays.

Je reste attaché aux dispositions qui imposent un mandat unique aux conseillers membres. Par ailleurs, pour éviter tout dessein de carriérisme et promouvoir le devoir d’ingratitude, je milite pour la révision  de l’âge  d’accès à la HAC ; seuls  les professionnels ou les personnalités, en fin de carrière et ayant 65 ans  et plus  devraient être éligibles.

Enfin je suis pour le retrait  de toutes les sanctions qui vont dans le sens de la suspension des activités d’une entreprise de presse.

Dieudonné Minlama Mintogo
President d’Ensemble Pour la République
Libreville le 1er Septembre 2019

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